Visions d'outre-mondeBenjamin Smithson travaillait dans une bibliothèque la nuit. Il adorait son travail silencieux et paisible au coeur de la petite ville d'Edmonton, mais un soir, alors qu'il était en train de ranger des livres, il fut pris d'un malaise. Sa tête tournait et il sentit son corps s'engourdir. Il ferma les yeux quelques instants et lorsqu'il les rouvrit, il se trouvait au pied d'un escalier qui semblait ne jamais finir.
Des individus de tous les âges se tenaient autour de lui, mais il ne connaissait personne. Ils le regardèrent avec compassion puis commencèrent à gravir les marches de l'escalier, lentement, les uns derrière les autres. Mais, malgré leurs efforts, nul n'atteignait jamais le sommet des marches.
Benjamin se sentit attiré, happé par cet escalier mystérieux et cette dimension inconnue. Il avait l'impression de perdre pied à l'intérieur de son propre corps. Il se mit à gravir les marches avec les autres membres de cette étrange fraternité.
Il retrouva finalement ses esprits, confus et transpirant à sa table de travail. Il pensa que c'était un simple malaise qui l'avait assailli, mais cela se reproduisit à plusieurs reprises cette semaine-là . Il se voyait toujours dans cet escalier interminable, escaladant des marches sans nombre.
Désemparé, il finit par consulter un médecin qui lui fit passer des examens approfondis. Le diagnostic était alarmant : il avait une maladie cardiaque très avancée. Aucun trouble mental ne fut en revanche constaté lors des tests qu'il passa.
Deux jours plus tard, après une journée de travail épuisante, Benjamin fit une pause dans la bibliothèque. Il se sentait plus faible que jamais, mais pensa que c'était dû au stress et se reposa un peu avant de reprendre son travail.
C'est alors que le cauchemar reprit de plus belle. Il se retrouva à nouveau dans cet étrange escalier, entouré d'inconnus, gravissant les marches une à une, comme lui.
Mais cette fois-ci, il ne retrouva pas ses esprits et ne se réveilla pas de cette vision absurde... ou prémonitoire. Son corps sans vie fut retrouvé au milieu des livres qu'il aimait tant ranger.
FIN