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     Le cri d’un esprit égaré.
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Expéditeur Conversation
chermed
Envoyé sur :  19-07-2025 12:29
Plume d'or
Inscrit le: 31-12-2005
De:
Le cri d’un esprit égaré.
Lihoudi Sebbagh :
le cri d’un esprit égaré.

Il était une fois, un mercredi , le jour habituel de souk comme tant d’autres, un homme étrange fit irruption dans le calme d’un village de montagne . Il avait une cinquantaine d’années, portait de longs cheveux mal peignés, un bâton usé à la main, et un petit sac noir sur l’épaule. On aurait dit un pèlerin sans destination, un rescapé d’un monde oublié.
Il marchait toujours seul. De temps en temps, il s’arrêtait, levait les bras au ciel et hurlait, à gorge déployée :
— Ô Lihoudi sebbagh !
Un cri suivi d’un torrent d’insultes souvent incompréhensibles, comme sorties d’un autre temps ou d’un esprit égaré.
Personne, dans ce village où tout le monde se connaissait, ne savait à qui il s’adressait. Nul ne comprenait le sens de ce nom, ni la portée de son message. Pourtant, il répétait sans relâche la même phrase, avec la même rage, le même ton, la même ferveur — comme une litanie.
Pendant Les jours de souk , il parcourait inlassablement les ruelles animées, serpentant au milieu de la foule, criant sans relâche :
— Ô Lihoudi sebbagh ! Ô Lihoudi sebbagh !
Toujours accompagné de ses imprécations.
Quelques semaines après son apparition, ses visites ne se limitaient plus aux mercredis. Il avait appris à connaître le village, ses recoins, ses places animées, ses habitudes. Il choisissait des lieux fréquentés pour s’arrêter et faire entendre son étrange discours.
Peu à peu, il s’est imposé comme une figure familière. Les villageois, d’abord méfiants, finirent par s’habituer à lui, à sa présence, à ses cris, presque à sa folie. On ne le craignait plus ; on l’évitait parfois, mais on le reconnaissait toujours. Il était devenu Lihoudi sebbagh.
Il avait choisi pour demeure une grotte profonde et mystérieuse au cœur du Jebel Aqcha, une montagne majestueuse culminant à près de 1800 mètres d’altitude. Ce massif, long de plusieurs kilomètres, abritait d’antiques cavernes, que les anciens disaient millénaires. Certains affirmaient qu’elles avaient servi de refuges durant les grandes résistances amazighes contre l’envahisseur français. D’autres pensaient qu’elles existaient depuis la nuit des temps.
L’une de ces grottes, la plus vaste, la plus obscure, devint son abri. Il y vivait seul, sans crainte, comme s’il appartenait aux pierres. Chaque jour, il faisait l’aller-retour entre son antre et le village, gravissant et redescendant les sentiers escarpés. Un effort considérable que lui seul semblait capable d’accomplir avec une telle régularité.
Matin et soir, aux mêmes heures, les échos de ses cris se répandaient depuis la montagne, résonnant sur les flancs du Jebel Aqcha. Le vent les portait jusqu’au village. Les villageois savaient alors qu’il était là, fidèle à lui-même.
Il ne demandait rien. Il ne mendiait pas. Il criait.
— Ô Lihoudi sebbagh !
Et le village, sans jamais vraiment comprendre, avait fini par l’adopter comme une étrange présence familière, un fantôme vivant, un mystère de plus suspendu dans le silence des montagnes.
Chermed 2010 .


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C'est triste de songer que la nature parle et que l'?tre humain n'?coute pas .Victor Hugo .

Sybilla
Envoyé sur :  19-07-2025 21:49
Administratrice
Inscrit le: 27-05-2014
De:
Re: Le cri d’un esprit égaré.
Bonsoir Cher Ami poète Chermed,

Moi, qui pensais te demander la traduction... sourire

Superbe récit bien mystérieux sur cet homme marginal !



Belle soirée Cher Ami poète Chermed !
Toutes mes amitiés
Sybilla


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Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)

Missi
Envoyé sur :  19-10-2025 15:15
Plume d'or
Inscrit le: 05-09-2005
De:
Re: Le cri d’un esprit égaré.
Triste histoire de cet homme mystérieux.


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Chat apprenti ?crivain.

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