1942, la France est occupée, tous les soirs après le couvre-feu, des patrouilles allemandes sillonnent les rues du petit village de mes parents. De grands rideaux fixés derrière les portes et les fenêtres cachent la lumière. La consigne est de ne voir aucune lumière de l'extérieur. Ce soir-là, un violent courant d'air fait bouger un rideau d'une fenêtre donnant sur la rue, juste au moment où une patrouille passe... Apercevant cela, mes futurs parents n'ont pas le temps de se jeter sur le délit afin de camoufler l'incident que... le chef de la patrouille, croyant à des signaux faits pour signaler à un ennemi éventuel un ordre quelconque, il se saisit d'un éclat d'obus à terre et le lance violemment dans la direction de la lumière vacillante. Mon futur géniteur, au bruit de la vitre brisée eu juste le temps de baisser la tête et le projectile lancé avec force lui passa au-dessus du crâne... Ce fut la seule réprimande des Allemands qui s'éloignèrent ensuite. Tous les amis mis au courant les jours suivants furent unanimes. Un projectile comme cela pris en pleine figure l'aurait tué. J'ai toujours gardé ce morceau de ferraille en souvenir.