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Sujet
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La neige tombe, silencieuse et froide
Sous le vent vif, la toile gelée, roide
Abrite mal ses pieds gonflés, meurtris
Pendant que les manants passent contritsSa barbe a envahi son fin visage.
Creusé par la misère il n’a plus d’âge
Seul deux grands yeux comme deux lacs noirs
Disent la détresse immense sans espoirSon estomac est vide et crie détresse
Oh, le regard suppliant qu’il adresse
Aux passants indifférents et repus
A ces braves gens au cœur corrompuIl n’a qu’à travailler, ce fainéant
Il faudrait donc les nourrir maintenant
Allons donc, dépêchons, le match commence
Et après nous irons faire bombance.Quel est son crime et qu’à-t-il fait de mal
Pour être là pire qu’un animal ?
Il est licencié économique
Il était jeune cadre dynamiqueSur le coup ne pouvant payer loyer
S’est retrouvé dehors et s’est noyé
Il a connu la pire déchéance
Lui qui avait bien connu l’abondanceIl ne comprend plus, il est déjà mort
Pour la société qui est sans remords
Demain on ramassera son cadavre
Deux mots à la une et mon cœur se navre.Le 28 novembre 2005
Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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