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Sujet
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BAKHTA
DU MAITRE ABDELKADER KHALDI
TRADUCTION DâAHMED AMINE DELLAIAh, quel grand jour, ce jour oĂč elle est venue . Lâobjet de tous mes dĂ©sirs, la femme aux yeux teints en noir, Bakhta Ă la beautĂ© aussi piquante que la conversation, cette Houarienne , elle a Ă©clipsĂ© lâĂ©toile du matin, par sa beautĂ©, ce dernier-nĂ© de mes amours.
Bakhta au cou de gazelle, son type de beautĂ© nâappartient quâĂ elle, gazelle qui fuirait dans le creux des vallons, serrĂ©e de prĂšs par la meute, elle ne laisse pas le chasseur sâapprocher, car elle sait de quoi il en retourne.
Bakhta le faucon âfemelle des collines, qui ressemble Ă la Jazia de Diab , elle subjugue, cette femme aux yeux noirs, par le charme de ses traits et de son esprit, câest Ă juste raison, O mes amis, et Ă juste titre, que je succombe Ă la passion.
Ce jour-lĂ Ă©tait un jour faste, jây ai rencontrĂ© celle qui rayonne comme un soleil, Bakhta la lumiĂšre de mes yeux, qui me possĂšde comme une dĂ©mone, je ressens du dĂ©sir pour elle quand elle mâappelle : « Mon chĂ©ri ! ».
Je sens mon dĂ©sir pour elle monter en moi quand elle mâappelle : « Sidi !» ma peine de cĆur, nâest Ă nulle autre pareille, et la blessure dâamour que mâa infligĂ© Bakhta est sĂ©rieuse. Soyez indulgents et comprĂ©hensifs avec El Khaldi, O vous qui en avez vu dans votre vie.
Jâai reçu un homme avec un message, de la part de Bakhta qui lâavait rencontrĂ© dans la gare, et lâa envoyĂ© chez moi, il mâa parlĂ© en cachette, ce quâil mâa dit a jetĂ© le trouble en moi, O mes amis, aprĂšs une si longue accalmie. Il est arrivĂ© vers midi, et il mâa trouvĂ© plongĂ© dans mes idĂ©es noires et souffrant, Ă force dâĂȘtre tourmentĂ© par la passion et de ruminer, je sens lâespace se resserrer autour de moi, jâai bu bien des coupes amĂšres tellement le dĂ©sir de la revoir Ă©tait vif, alors que mon esprit Ă©tait chez la responsable de mon Ă©tat.
DĂšs que jâai eu son message, ma raison mâa abandonnĂ© et sâest envolĂ© vers elle, jâavais tant soupirĂ© aprĂšs elle, que jâĂ©tais ravi, elle mâa consumĂ© le cĆur et les trĂ©fonds.
Je lâai trouvĂ© Ă bord dâune calĂšche, assise comme le gĂ©nĂ©ral en chef des armĂ©es, Ă son cou, long et bien droit, un collier, et le visage net et resplendissant comme un miroir, Ă sa vue jâai perdu ma contenance et tout mon courage.
Je suis restĂ© bouche bĂ©e, quand jâai vu ma belle Bakhta, qui brillai comme un diamant, parĂ©e avec Ă©lĂ©gance de ses plus baux atours, et elle mâa coupĂ© le souffle, quand elle mâa tendu sa main droite.
Nous nous sommes embrassés avec fougue et passion devant le marché, un baiser long et fou, sans faire attention aux gens, ceux qui critiquent les amoureux ne son que des sots.
Nous sommes descendus Ă lâhĂŽtel, Ă lâinsu de tout le monde, moi et la « clartĂ© de la lune », loin des regards des bavards, ces moments sont propices, jâai atteint mon but et rĂ©alisĂ©s mes dĂ©sirs.
Nous avons passĂ© des heures Ă discuter, lâamour dĂ©liant les langues, nos propos Ă©taient loin dâĂȘtre futiles et nos cĆurs Ă©taient indemnes de toute duplicitĂ©, nous Ă©prouvons les mĂȘmes sentiments lâun pour lâautre, nous nous aimons lâun et lâautre de la mĂȘme façon.
« O toi qui as le regard du faucon, lui dis-je, depuis que je me suis sĂ©parĂ© de toi, je vais de plus en plus mal, ma passion pour toi est violente, sa flamme me consume de lâintĂ©rieur mais que puis-je faire ? Moi je suis de Mascara et toi tu es du Sud ! ».
La « lumiĂšre de mes yeux », Ă©clat Ă©blouissant de lâastre de la nuit, me dit : »je suis entre tes mains, O bourreau de mon cĆur, fais de moi ce que tu veux, tu es mon roi, et moi, Bakhta, je suis ta servante dĂ©vouĂ©e !».
Durant sept heures de tĂȘte-Ă -tĂȘte nocturne, oĂč nous nagions dans lâivresse sans avoir bu une goutte de vin, je nâeus jamais assez de regarder, ou dâĂ©couter parler cette femme dâesprit, elle mâensorcelle du regard, dĂ©s que nos yeux se rencontrent.
Rien de plus beau que deux ĂȘtres qui se tiennent compagnie, le cĆur rempli de gaietĂ©, rien de plus beau que la rencontre de ceux qui se morfondaient de nostalgie, et les baisers affectueux, rien de plus beau que les dents qui se frottent aux dents, entre des lĂšvres purpurines.
Quoi de plus beau que le tintement des verres, mĂȘlĂ© au chant des flĂ»tes qui modulent un prĂ©lude « Gabli », une certaine griserie sâempare du cerveau, et chantonner ne fait que lâaccroĂźtre, quoi de plus beau que la compagnie des belles, quand elles se mettent Ă tĂ©moigner dâune sincĂšre affection.
Quoi de plus beau que les veillées, au son des flûtes avec des filles qui se déhanchent, et des braves aux maniÚres convenables, au fait des rÚgles du savoir-vivre, chaque amant avec sa maßtresse, chaque tigre avec sa tigresse.
Que c’est beau de dĂ©tacher le licol, de desserrer la ventriĂšre et de dĂ©grafer le poitrail, que câest beau de frotter son Ă©peron sur une jument de race rapide Ă la course, Ă la robe grise et Ă la peau soyeuse, qui virevolte comme un esprit volant.
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