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Sujet
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Le jour, j’étais l’enfant
Aux sourires brillants
Et aux yeux scintillants
Qui marchait triomphant.La nuit, j’étais terré
Dans l’inconscient feutré
Où je gommais d’un trait
Le fiel qui s’affairait.Le jour, j’étais frondeur,
Et je tuais les heures
En édifiant le leurre
De mes vives ardeurs.La nuit, j’étais soumis
Au silence endormi,
Les soupirs ennemis
M’étripant à demi.Le jour, je promenais
ma fierté sous le nez
Du passant abonné
A mon coin bétonné.La nuit je me cloitrais
Pour oublier l’attrait
Que l’alcool enterrait
Dans mon foyer foiré.Le jour, j’étais suave
Et j’enchantais, l’air brave,
Du rital au batave,
Des grands au regard grave.La nuit, j’étais saigné
Quand la haine cognait
Sur l’être résigné
Qui m’a tout enseigné.Aux jours, la fleur de l’âme ;
Aux nuits, l’angoisse infâme.
Aux jours, les grandes flammes ;
Aux nuits, l’ampleur du drame.Longtemps, ça m’a nuit.
Et pourtant, aujourd’hui,
Je préfère la nuit ;
Son manteau m’a séduit.
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