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Sujet
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J’ai mal pour un chien qui souffre. Je n’ose plus regarder du côté des maisons. Mes yeux se fixent sur la route pour ne plus le voir, attaché à la même chaîne, d’un mètre à peine de long.
Couché à même le sol. Que ce soit l’été en plein soleil, l’hiver en pleine force… qu’il pleuve, grêle, vente, neige… nuit et jour, il est dehors ! Seul, devant son écuelle presque vide, et son bol qui ne remplit pas le reste de son eau et le pain qu’il ne mangera pas.
La vie l’abandonne, que Dieu le prenne ! Les saisons sont pour lui, le glas qui sonne et les vols qui passent dans le ciel.Où tout cesse de grandir… qu’auront-ils de vie après tant de fond, ceux qui brassent le monde, propagent la misère, de ne trouver de guide dans les yeux doux d’un compagnon que l’on a adopté, voulu en toute liberté… chaque geste compte !
Lui… qui souffre de l’indigne, endure le pire, sans pouvoir bouger, ni gémir pour dire son calvaire… quand il voulait habiter une maison, partager un élan d’affection… ne demandait rien, à qui l’on n’adressait même pas une parole où sa tête cherchait une main… qui n’a reçu pour caresse, que la fin que j’attendais pour lui, enfin… il est parti en silence.Monsieur, Madame, n’attendez pas que j’oublie. Autant de fois que je passerai devant chez vous, je chercherai celui que je ne verrai plus… dans ce jardin aride où rien n’est souche, que peine et ma peine toujours.
Peut-être y verrez-vous un jour, une lueur, une ombre ? Y trouverez-vous sur le sol une larme qui traîne, une empreinte, une réponse ? Entendrez-vous le gel glisser une plainte ? Saurez-vous combien votre compagnon est mort de l’abandon et de la solitude… écrasé d’une souffrance sans lumière.Vous qui restez de pierre, sans remords… tandis qu’il se lève longtemps où vous ne l’attendrez, que ferez-vous alors ? Quand vous avez refusé d’ouvrir la porte à ceux qui s’offraient de vous aider tous les jours. Repoussant tout. Préférant l’injure, l’odieux au bout de la corde ; les larmes même nouées des enfants, qui lui jetaient, craintifs, un morceau de pain, un bout d’aurore, au-dessus des barrières de votre corps.
Je connais mes yeux et d’avance je sais ce que les vôtres pleureront…
où je n’ai pas de larmes pour vous… PARDON.
Ema 😆Toi l'ineffable devenir,
Dont je bois les mots de l'autre c?t? des choses.
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