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Sujet
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« Et soudain vous trouvez un hérisson, un petit jeune, qui n’est
pas étendu tout à fait comme les autres,…la petite patte tendue,
les babines bien fermées,..et celui-là on a l’impression qu’il
n’est pas mort en tant que hérisson mais qu’on l’a frappé à la
place d’un autre, à votre place » ( « Electre » de Giraudoux).Je sens
Ce sang
Qui sourd par cette plaie béante.
Et ce terrible fracas intense
M’emplit comme une démence;
C’est ce sang qui s’écoule
C’est cette vie qui coule.Je sens
Cette herbe fruitée dans les prés du matin
Quand j’y enfouis mon nez avec entrain;
Ma mère lors des tétées avait cette odeur-là
Dans la chaleur ouatée de nos pelages mêlés.Je sens
La main de mon maître qui pour me satisfaire
Caresse les poils brillants de mon ventre offert;
Alors, abandonné, je ronronne dans son cou
Car à jamais je sais qu’il me protège de tout.Mais toutes les odeurs sont mortifères
Comment vais-je reconnaître mes frères
Qui viennent me chercher
Qui viennent pour panser
Cette plaie ouverte, d’une langue râpeuse.Puis nous repartirons sous la lune gibbeuse
Vers notre maison où nous attend soyeuse
La douce nuit dans laquelle nous jouons
Jusqu’à l’aube qui nous refait chatons.Et cette ombre portée si fort
Sur ce chat emporté à tort :
D‘une pointe de chaussure indifférente
Il retourne la fourrure en tourmente :
« C’est un chat mourant
Nous n’avons pas le temps ».J’ai peur ma mère
J’ai peur mes frères
De votre absence je meurs.Sa patte finement ourlée
A jamais déployée
De ce félin loyal
Lignée d’une race royale.J’ai peur j’ai peur
Dans la nuit reposée
C’est un appel clamé
De ceux dont les humains
Appellent leur adoré.J’ai peur
O toi mon maître
A qui chaque matin, j’ai conté
Mes équipées victorieuses
Dans les jungles herbeuses
De nos odorants jardins d’été.J’ai …
Toi qui m’a tant aimé
Toi à qui j’ai dédié
Chacune de mes caresses
Pour calmer tes détressesJ’…
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