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Sujet
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J’ai veillé toute la nuit
La nuit m’en est témoin
J’ai fait appel à l’insomnie
J’ai invité la mélancolie
Je me suis assis
J’ai allumé une cigarette
Et j’ai attendu
Détectant le moindre bruit
Venu déchirer le silence
Ce silence assassin
Qui égorgeait l’espoir
Ce silence amer
Qui étouffait la prière
Ce silence tortionnaire
Qui flagellait le bonheur
Et m’imposait l’omerta!
J’ai longuement guetté cette voix
Cette voix familière
Qui me viendrait d’ailleurs
De ces horizons de splendeurs
Qui m’apporterait mille bonheurs
Qui me réveillerait de mon coma
Qui me rendrait à la vie
Je t’ai attendue
Et tu n’es pas venue!
J’ai veillé toute la nuit
La lune m’en est témoin
Ma cigarette m’a brûlé
Sa fumée m’a étouffé
L’attente stagnante
A trop duré
Les étoiles, épuisées
Se sont éteintes
La lune, fatiguée
A pris congé
L’obscurité, enragée
A régné
J’étais en danger
Les démons pouvaient surgir
A mon insu
Et me ravir!
J’ai prié
Pour que tu viennes m’arracher
Pour que tu viennes me délivrer
Des tentacules de la pieuvre
De la toile d’araignée
Des griffes de la sorcière
des crocs de l’ogresse
De la geôle de la forteresse
De la morsure du silence
Des démons de la nuit
De l’aigreur de ma vie
Je t’ai attendue
Et tu n’es pas venue!
J’ai veillé toute la nuit
Le rêve m’en est témoin
J’ai allumé des brasiers d’illusions
J’ai cru à toutes les allusions
J’ai fait appel à l’incertain
J’ai tendu la main
A tous les saints
J’ai dessiné demain
et je suis devenu magicien
En cette nuit sans fin
J’ai confectionné un palanquin
Orné d’or, de perles et de satin
Pour toi, mon adorée
Dès potron- minet
Mon chameau préféré
Te conduira à ma palmeraie
Où tu seras reine
Pourvu que tu viennes
Je t’ai attendue
Et tu n’es pas venue!
J’ai veillé toute la nuit
La douleur m’en est témoin
J’ai épluché mon spleen
J’ai bu son jus d’amertume
J’ai cueilli mon ortie
J’ai bu sa bile jusqu’à la lie
J’ai savouré mon fiel
Et j’ai vomi mes tripes
Et mes principes!
Quelque part entre ciel et terre
J’ai égaré ma foi et mon humanisme
J’ai épousé l’aigreur par masochisme
J’ai conjugué la démence à outrance
J’ai atteint le paroxysme de l’errance!
Je t’ai cherchée dans mes cauchemars
Je t’ai appelée dans mon désert
J’ai donné ton signalement
Aux gardiens de la cité
Et aux détectives privés
J’ai attendu hiver et été
Jour et nuit
Je t’ai attendue
Et tu n’es pas venue!
J’ai veillé toute la nuit
L’aube m’en est témoin
Aveuglé par sa lueur
J’ai fermé les volets de ma demeure
Et la porte de mon cœur
Tari
Endolori
Meurtri
Douleur
Rancœur
J’ai cédé
Seul, las et désespéré
Je savais
Que tu ne viendrais plus
Plus jamais
Exténué
J’ai pris ma tête
Dans ma main
Et j’ai pleuré!
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Chute empruntée à Jacques Prévert
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Agadir, le 27/8/2009Ma vie n'est plus une barque dans une mer enrag?e
Et je ne suis plus le naufrag?!
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Mostafa, point fat, seul, las, si doux, r?vant de sa mie!!!
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