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Sujet
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Je Vous Salue Marie.
C’est une sente voussue toute veinée de ramures
Où un muret moussu frissonne ses dorures
Quand mon pas lent traîné sur les feuilles dérangées
Du livre de verdure d’une enfance sacrée.Dans la crypte ombrée d’une lumière effacée
Combien d’ardents Ave ai-je donc psalmodié ?
L’encens m’était ferveur, et croyance la beauté
De cette église voûtée aux arches arc-boutées.Sur ce corps supplicié à mon cou accroché
Dont les méplats renvoient aux terribles effrois
Ma jeunesse fascinée par ces marques scarifiées
Voulait de la prêtrise pour signifier sa foi.Aux vêpres ces années me renvoient la cognée
De la cloche envolée des dimanches historiés
Par les buis à bénir, les missels éclatés
Illustrés des icônes par ma main tant celéesMinuscule affidé lentement incliné
Vers l’autel sublimé par Sa douce volonté.
D’un mouvement insigne sur mon buste courbé
Je traçais le grand signe de ma servilité.En ces ans d’insouciance où la vie se faisait
J’ai bâti sans conscience ces images mentales
Qu’aujourd’hui dédaigneux je dénomme la morale
Car de Lui oublieux et ce qu’Il m’apprenait.Comment faire à l’envers ce retour vers l’envie
Des soutanes rougies sous la flamme des bougies
Dans la pénombre salie des églises recueillies
Comment taire mais refaire ce détour vers ma vie.En ces temps de l’oubli
Je voulais être celui
Qui penché sur l’hostie
D’un regard sanctifie
Ces misères humaines
Ces arrogances hautaines.
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