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Sujet
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Chère *****.
Hier, je trouvais qu’il faisait froid mais le temps ne devait rien à
cet état : c’est de toi dont j’ai froid.
Ce matin en me réveillant, j’ ai pensé que le monde était fade, car
je m’ étais tant habitué à lire tes poésies et commentaires, que
ce matin , devant mon écran, je voyais cette fadeur du monde à
travers ton absence.
Tu vas encore me dire que j ‘exagère, pourtant tu vois bien en me
lisant que mes mots sont tout simples, ne cherchent pas à
inventer des merveilles littéraires pour que le monde soit
magique.
Je vois bien que , n’ ayant plus de points communs, lentement,
nous nous éloignons l’ un et l’ autre ;
mes petits messages qui veulent juste dire « tu vois, une petite
âme pense à toi », sont, je le sais bien,
insuffisants pour que tu conserves en toi de moi ce lien que je
voulais tisser entre nous ( qui portera le nom que tu voudras ).
Oui, lentement, nous allons devenir ce « quand nous ne serons
plus que des amis » que tu m’avais écrit ;
et je ne suis pas sûr que même cela se puisse réaliser.
J’aimais tant te pouvoir écrire, t’imaginer me lisant, puis me
répondant, juste pour le plaisir ainsi de rendre la vie plus belle, du
moins le pensais-je.
Je ne pense pas que je t’enverrai aujourd’hui ces mots car je
comprends bien qu’ils vont à l’encontre
de la vie que tu tentes de reconstruire, qui , et je le pense
vraiment, est bien plus importante que mes états
d’ âme. A regarder tout ceci avec lucidité, c’ est bien de ta vie
pour toutes ces dizaines
d’ années à venir dont il s’agit ici et je ne vois pas en quoi je
pourrais m’ immiscer dans cette importance-là.
Sans doute trouverais-je un subterfuge littéraire qui me fera
penser pouvoir te destiner quelques mots,
mais ce ne seront pas ces mots-là.
Déjà, il y a quelques jours, j’ai utilisé cette maladresse consistant
dans mes commentaires à te citer, une façon de m’ adresser à toi
d ‘une façon très indirecte mais que je pensais
à même de réduire un peu encore cet écart entre nous ; mais j’ai
arrêté de le faire car je n’ ai pas
à te « compromettre » sans ton accord.
Tout content de moi, j’ai trouvé que ta fête était le ***** :
sauras-tu encore qui je suis à ce moment-là
tant la date me semble éloignée ? Pourrais-je encore te souhaiter
une bonne fête ? Le comprendras-tu encore alors ce sentiment ?
Je vais ranger ces mots dans le dossier ***** de ma clé USB.
Est-il possible que tu aies pris une telle importance pour que ,
maintenant, le monde m’apparaisse
comme déserté ? Comme une messagerie sans mots de toi.
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