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Sujet
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Je sais un lieu secret entre terres et songe,
Où mes êtres si chers figés au firmament,
Viennent se ranimer quand ma pensée les plonge,
Au pays de jadis, mort et toujours vivant.Je feuillette au passé les rues de ce village ;
Les bruissements lointains, les rires éperdus,
Ressurgissent soudain au frisson d’une page,
Et montrent à l’enfant la voie des pas perdus.Le carrefour silencieux se met aux tintamarres
Des paysans venant de travaux harassants,
Vendant, en habits noirs, entre bétails et jarres,
Au marché du mardi, leurs denrées aux passants.Aux murs froids et défaits de l’école primaire,
J’appose un front brûlant attisant leur mémoire
Qui ravive aussitôt une voix juste et claire,
Par dessus les feuillets de quelque vieux grimoire.La Grand rue ; seul piéton sur un trottoir de braise,
Au poussier des autos soudain évanescent,
J’hume celui de blé, de gerbes et fournaise,
Des hommes affairés aux battages d’antan.La place du marché, murs de métal et verre
Pulvérisés soudain par un regard d’enfance,
Révèle sous leurs pans les échoppes en pierre,
D’où rient ces gens d’avant, de métiers et vaillance.Ils me tendent les bras et je lis la devise
Du grand cadran solaire au crépi de l’église :
« Comme une ombre qui passe et qui ne revient pas,
Ainsi passent nos jours et s’en vont à grand pas».27/06/10
En traversant mon village natal…
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