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Sujet
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Le procureur :
_ Se pourrait-il qu’un jour défaillant sous l’amour
Défatigué du temps, dévêtu des obscurs,
Vous écrivassiez simplement le coulé de vos jours
Comme l’on dit : je t’aime, pour dire une brûlure ?L’ avocat :
_ Mon client est sincère à nul autre pareil
Et le juger ici pour vouloir des merveilles
Dénote une inculture et une peur aussi
De lire dans ses mots ce que tous on oublie !Le procureur :
_ Mais monsieur l’avocat, vos honoraires vous égarent
D’ ainsi confondre le beau en déterrant l’enfoui;
S’ il suffisait ainsi de mélanger les mots
Tous serions rimaillleurs et gagnerions nos vies !Le juge :
_ Je vous prie bien messieurs de ne point vous juger
Mais de nous éclairer sur les causes présumées
Qui font d’ un citoyen un coureur de vers
Fussent-ils galants mais suspects d’ambiguïté.L’ avocat :
_ Savez-vous que scrupules accompagnent ses mots
Que souvent en lecture il donne au préalable
Pour que toutes les fautes et de goût et de moeurs
Ne remettent en cause son extrême pudeur ?Le procureur :
_ Sous couvert de rigueur c’ est un fourbe que vous dites
Se prenant pour Descartes d’avant publication
De ses Méditations, Objections et Réponses,
Feignant l’ humilité pour asseoir sa gloriole.L’ avocat :
_ Il conviendrait ici que vous mesurassiez…Le procureur :
_ …à l’ aune de la vérité, revoyez vos jugements !L’ avocat :
_ …la poésie ne se juge, ce sont des sentiments !Le procureur :
_ …qu’ en euros vous comptez, dont vous vous repaissez!Dans son box , endormi, l’ accusé fatigué
Rêve de poésie bien tarabiscotée.
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