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Sujet
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La mort cela s’appelle mais ce n’est qu’un passage ;
Je voulais ici dire que nos heures bien trop sages
Ne sont pas assez belles pour nourrir l’au-delà :
La vie sans la maudire mérite nos trépas.C’est un charroi d’enfer dans mes jeudis midi
Qu’il fasse froid ou pas la rue était emplie
Et l’imaginez-vous ce plaisir d’autrefois :
Quand la neige tombait, le cheval se poudroie !Son fer retentissait quand la rêne en semonce
Ralentissait son pas qui nous servait d’annonce,
Puis il apparaissait en tirant la ridelle
Qui tintinnabulait de bidons pimprenelles.L’homme était de ces temps qui encore resplendissent,
La voix sombre et portante pour nous un peu sévère
Mais quand tout le convoi apporteur de délices
Emplissait tant mon monde d’un doux grelot amer,Alors de toute porte nous les enfants d’alors
Avec son pot en terre ou bien sans assiette même
Sortions dans sa lumière quand il criait bien fort :
« Ils sont bons mes p’tits cœurs, mes p’tits cœurs à la crème ! »Je me vois encore tendant mon bol à fleurs
Pour qu’il y déposa plein de ses petits cœurs
Quand il me demandait : « Avec un peu de crème ? »
Et qu’il en répandait sur chacun tout comme j’aime,Pourquoi tant de ferveur aujourd’hui disparue ?
Bien sûr qu’elles ne sont pas toujours bien malheureuses
Nos vies sans petits cœurs et sans rien dans nos rues !
Encore faudrait-il qu’elles nous soient plus rieuses !Alors à la Prévert, j’établis l’inventaire
Des lumières allumées jusqu’en dedans la terre ;
Je prends soin d’emporter des p’tits cœurs à la Crème
Car dès lors enterré, je vivrais de Carême !
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