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Poème partagé par Chanterelle – création poétique en ligne
ARABESQUE
On ne sait d’où elle vient, légère et cabotine,
Insouciante et lascive,
Elle s’enlace à nos chemins.Primesautière et sinueuse,
Elle rafraîchit l’air et la terre que nous foulons.Ô! Douce entre toutes les douces,
Fébrile et sourde à nos désirs,
Elle se glisse de ville en ville,
Gracieuse et invisible,
Elle saute de pierre en pierre,
Elle se cache derrière les joncs,
Jonglant avec la terre,
Egrenant derrière elle
Son tintement mélodieux.Ô! pure entre toutes les pures,
Elle verse la vie
Au creuset de nos oasis.Perle précieuse de nos déserts,
Rieuse et mystérieuse,
Bacchante ou bien déesse,
Clepsydre de notre émoi,
Elle mesure le poids du temps
Qui nous sépare et nous alarme !Reine de l’univers,
Vierge métaphysique de nos pensées,
A l’heure où nos déserts
Pleurent larmes de sang.Ô femme entre toutes les femmes,
Toi, qui dans l’air te dissous aux grés des vents,
Toi qui dans les entrailles de la terre descends,
Très lentement, pour former nos lacs, nos fleuves,
Ensemencer nos océans.Toi qui donnes la vie,
Qui grondes tes Niagara,
Tes Amélie aux dissonantes voluptés,
Toi qui rugis tes bleuîtes du centre de la terre
Pour t’éveiller volcan, ciel contre terre,
A fleur de peur de nos éveils,
Tu es tour à tour
Esclave et maîtresse de l’homme…Et son courage ou son audace
En tes derniers parcours,
Ne pourront jamais rien pour te soumettre,
Que de ne pouvoir rien !Car tu descends et tu remontes
De la terre jusqu’au ciel
Et du ciel jusque dans la terre
Puissante et vivifiante,
Princière et ordurière,
Désespérément violente.Ô! eau…
Unique héritière
De tes propres tonneaux,
Dévidant éternelle tes mille gouttes d’eau,
De saint Jacques de Compostelle à Tokyo, Rio de JaneiroEt toujours tu te jettes
Eternelle
Dans ton propre tombeau…"Ni le po?te, ni personne d'ailleurs, ne poss?de la clef ou le secret du monde, je veux ?tre bon." Federico GARCIA LORCA
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