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Comme ils sont beaux et élégants, comme elles sont belles et charmantes, sortant du collège ou du lycée!
La nouvelle année 2004 a commencé en beauté dans nos établissements scolaires secondaires. Les Gadiris, en général, ont fort apprécié cette innovation : la tenue scolaire…Ne prêtons pas attention à quelques mauvaises langues qui traitent nos enfants, dans la rue, de «garçons de café» et de «serveuses» ; la bêtise persiste, hélas! Mais voyons plutôt l’essentiel : Ainsi, nos enfants seront sur le même pied d’égalité qu’ils soient «fils de bourgeois ou fils d’apôtre, fils de César ou fils de rien» (pour ne pas paraphraser Brel)… A l’école, désormais on est pareil puisque vêtus de la même façon : plus de frime, plus de snobisme, plus de jalousie, plus de complexe d’infériorité ! L’école va enfin jouer son rôle primordial : Avant d’apprendre à nos élèves à lire et à écrire, avant toute science ou toute langue, apprenons-leur le respect de soi et de l’autre, l’humilité, l’égalité et la tolérance!
Certes, acheter la nouvelle tenue était un peu dure pour les parents, surtout pour ceux qui ont beaucoup d’enfants et une bourse restreinte. Cela leur a coûté les yeux de la tête sachant que le mouton de «l’Aïd El Kébir» les attend au tournant, se préparant déjà à l’assaut en aiguisant «chèrement» ses cornes! Que Dieu vienne en aide à ces parents qui ne savent plus à quel saint se vouer, la tenue étant obligatoire, le bélier inéluctable! Que faire ?
En effet, cette fameuse tenue scolaire est devenue obligatoire, par ordre du ministère, depuis le début du mois de janvier. Dans certains établissements, les responsables montrent cependant une certaine souplesse et une patience de sage, encourageant gentiment les élèves à mettre leur tenue. Dans d’autres établissements, par contre, on est plus sévère et très intransigeant au point d’interdire aux élèves qui ne portent pas la tenue d’entrer au collège ou au lycée : «0ù est ta tenue? Dehors !»
Parmi ces élèves qui n’ont pas pu acheter cette «maudite» tenue, nous vous parlerons de Kamal, élève en 1ère année, tronc commun sciences, au lycée Zerktouni d’Agadir. Lorsque le surveillant général lui a demandé pourquoi ses parents ne lui avaient pas acheté la tenue, il a répondu étrangement : «Mais où sont donc ces parents dont vous parlez, monsieur ?»
La misère et tout ce qu’elle peut engendrer comme bêtise, méchanceté et cruauté humaines ont fait oublier à cet homme et à cette femme qu’ils avaient un fils ! Leurs problèmes d’adultes irresponsables les ont contraints au divorce. Le père était le premier à plier bagages et à quitter la misérable baraque du bidonville «Jamaïqua» pour refaire sa vie avec une autre femme. Et la mère n’a pas tardé à le suivre s’enfuyant avec un autre homme, laissant le pauvre Kamal comme de vieilles chaussettes trouées ! Ainsi, Kamal s’est réveillé un matin seul, abandonné, sans ressource aucune, sans personne, sans rien.
Comment peut-on être égoïste à ce point, avoir le courage, le toupet et le cran d’aller chercher une nouvelle vie sous d’autres cieux en jetant son unique enfant à la misère la plus totale et à l’abandon le plus absolu?!
Maintenant, Kamal survit seul dans la baraque où il ne rentre que le soir pour dormir, où personne ne l’attend. Si les voisins ne lui venaient pas en aide, lui donnant de quoi manger, il mourrait de faim. Comment ce garçon innocent pourrait-il vivre et étudier normalement comme ses camarades ? Lui, il n’a plus ni père ni mère pour subvenir à ses besoins, pour l’aimer et le protéger, pour le préparer à être un homme. Lui, il n’a plus personne, il n’a plus rien, il est perdu!
Ses camarades de classe, fortement émus, ont fait une collecte et lui ont acheté le pantalon bleu-marine et la chemise blanche, ornée d’une jolie cravate bleue. Mais est-ce suffisant ? Oui, il est beau vêtu de la sorte. En le voyant, jamais il ne vous viendrait à l’idée qu’il est tellement différent de ses camarades. Vous ne pourrez jamais imaginer ce que peut endurer Kamal. Lui, quand il rentre à la baraque, le soir, il ne trouve que la faim, le froid glacial, le silence sinistre, la solitude et la faible lueur d’une bougie aussi triste et taciturne que lui.
Va-t-on laisser Kamal à son sort comme ont osé le faire ses parents ? Aveuglés par notre indifférence, continuerons-nous à vivre ne pensant qu’à nos soucis quotidiens et à nos problèmes personnels? Que peut-on faire pour ces innombrables «Kamal» ; ces enfants de personne qui sont aussi les nôtres?Ma vie n'est plus une barque dans une mer enrag?e
Et je ne suis plus le naufrag?!
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Mostafa, point fat, seul, las, si doux, r?vant de sa mie!!!
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Honore
