-
Sujet
-
Poème partagé par islander – création poétique en ligne
Un poème est vivant,
celui ci pouvait faire deux vers
mais surprise, il en fait déjà trois,
regardez le grandir,
il en fait déjà cinq
et ne s’arrête pas,
je vous l’ai dit, il est vivant,
il a quelque chose d’animal,
il se cabre
et fait déjà dix vers,
il court comme une rivière
et la page blanche il apprivoise,
il a maintenant treize vers
et réclame un peu d’attention,
il hennit ou caquète
invente des images ou végète,
il a besoin de vous,
de votre attention d’abord
puis rusé de votre affection,
lisez moi, lisez moi
je ne veux pas que vous me quittiez,
pour vous je peux changer de rimes
ou de philosophie,
devenir sage ou coléreux,
si vous l’aimez
il ne veut plus s’arrêter,
il parle de l’été,
de n’importe quoi pourvu
que vous le lisiez,
même de grammaire
ou de glandes surrénales,
avouez c’est peu banal,
nous en sommes à trente trois vers,
les fleurs poussent sur le chemin,
il en fait des bouquets,
il grossit d’étrange manière,
c’est signe de confiance,
déja trente huit vers
vous pouvez le quitter,
il va se débrouiller,
maintenant il est fier
il a quarante et un vers,
vous l’avez lu jusqu’au bout
il peut se reposer
et vous laisser vous en aller,
il n’est plus un enfant à conseiller,
quarante six vers,
avouez que c’est sincère
au quarante huitième
de ne plus vous embêter
et vous dire : “Vous pouvez me quitter”.
en vous remerciant
d’être restés jusqu’à 52,
désolé 54 ou 55
je me suis trompé quelque part
on a parfois besoin
de savoir compter
pour écrire des poèmes.
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.
