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Poème partagé par islander – création poétique en ligne
Elle change dix fois par jour
la toile d’Eugène Boudin,
au matin le ciel est un mille pattes
tissant des milliers de sillons bleus,
à midi la mer est une mouette polie,
quelques voiles germent comme des fruits,
des coques de bois d’aurore
finissent dans mon coeur,
le soir la roche est un buvard extraordinaire
qui boit des gouttes de soleil,
à certaines heures d’immenses boeufs
semblent tirer le joug
des vagues vertes et indisciplinées
je me promène
et mes pas ne sont jamais les mêmes,
je perd aussi mon chemin
et me raccroche aux flux lointains
entre lumière
et terre d’accueil,
merci monsieur le peintre
pour ce tableau qui ne s’éteind jamais,
ma vie dépend de ses reflets.
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