-
Sujet
-
Poème partagé par Mostafa – création poétique en ligne
» Le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » Albert Einstein
Nous les voyons à la télé
Et nous détournons les yeux
Mon Dieu; c’est affreux!
Ils sont des milliers
A geler dans la nuit
A mourir de froid
Sans abri, sans toit
Dans les squares, sous les ponts
Dans les gares, dans les camps
Tremblant, se couvrant de carton
Miséreux, clochards, vagabonds
SDF, clandestins, errants
Ils tendent la main aux passants
Sombrent dans la boisson
Victimes de l’abandon
De la déchéance, de la misère
Ils n’ont plus que les chimères
Ils n’ont plus que la prière
La haine, la rancœur, la colère
Envers cette société inhospitalière
Ils peinent et endurent
L’année entière
Et meurent en hiver
Quelle horreur!
Et nous
Nous sommes bien à l’abri
Dans nos nids douillets
Bercés par la douce chaleur
De notre agréable intérieur
Sans souci, sans peur
De ce qui se passe dehors
La porte fermée à double tour
Dehors, c’est l’enfer
L’enfer, c’est les autres!Nous les voyons à la télé
Et nous détournons les yeux
Mon Dieu; c’est affreux!
Ils sont des milliers
A mourir de faim
A crever comme des chiens
Sans une miette de pain
Au quotidien
Leurs mères les voient faiblir
Chaque jour
Fléchir et défaillir
Et puis mourir
Et ne peuvent rien faire
Elles ont tari leurs seins
Elles n’ont rien
Absolument rien!
Meurtries par la douleur
Elles n’ont que les pleurs
Et la blessure au cœur
Quelle horreur!
Et nous
Nous nous goinfrons comme des porcs
Nous régalant trois fois par jour
Nous jetons même la nourriture
Sans nous soucier du futur
Nous faisons même du sport
Dans l’espoir de maigrir
Grossir; quelle horreur!
Et eux, ils meurent!Nous les voyons à la télé
Et nous détournons les yeux
Mon Dieu; c’est affreux!
Ils sont des milliers
Victimes de la guerre
Et pourtant nos frères
Leurs corps sont endoloris
Leurs cœurs meurtris
Leur ciel est gris
Leur jour est nuit
Leur soleil est noir
Ils n’ont plus d’espoir
Ils vivent leur mort
A chaque aurore
Dans l’espoir de vivre encore
Encore un jour
Quelle horreur!
Et nous
Nous laissons faire
Sans réagir
Sans agir
Sans rien faire
Contre les marchands de guerre
Ces vendeurs d’armes
De feu et de flammes
Ces créatures sans âmes
Ces bêtes infammes
Ces monstres immondes
Qui embrasent le monde
Pour tenir les rênes du temps
Seigneurs omnipotents
Quel malheur!Nous les voyons à la télé
Et nous détournons les yeux
Mon Dieu; c’est affreux!
Ils sont des milliers
Proies de la souffrance
De l’effort, de l’endurance
Sous le joug des patrons
Qui boivent leur sang
Les exploitant impunément
Ils sont des milliers
A être égorgés comme des moutons
Victimes de la torture
De la tyrannie et de la dictature
Quelle horreur!
Et nous
Nous choisissons l’indifférence
Nous optons pour l’absence
Nous préférons le silence!
Notre silence est complice
Complice de tous les sévices
Complice de tous les supplices
Cassons nos téléviseurs
Ouvrons nos cœurs
Brisons le mur de la peur
Enlevons nos muselières
Et poussons ce cri de colère
Qui ébranlera les seigneurs
Et rendra tous opprimés forts
Hommes dignes, libres, fiers
Humains et solidaires
Enfin frères!
………………………………………..
Agadir, le 4/10/2011Ma vie n'est plus une barque dans une mer enrag?e
Et je ne suis plus le naufrag?!
...............................................................................................
Mostafa, point fat, seul, las, si doux, r?vant de sa mie!!!
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.


[/url]
:drink1: :drink1: