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Poème partagé par Flaminia – création poétique en ligne
Non franchement, je n’avais rien vu venir.
Mon ado revenait, silencieux et énigmatique, de ses cours de conduite.
« Ca a été ?
-Quoi ? ah ouais ! c’est bon ! »
Et je traduisais « Ne t’en fais pas Maman, je réalise des progrès, tant dans la maîtrise du véhicule que dans l’aisance au volant. »
J’aurais dû me souvenir qu’en langage ado, « c’est bon » est la forme polie de « Arrête de m’emm…. avec tes questions. »Puis, le grand soir est arrivé.
Frime lorsque le macaron « conduite accompagnée » est appliqué sur le coffre de la Yaris.
« Tu connais ton père et sa voiture, vaut mieux que ce soit avec moi ! »
Il était d’emblée d’accord, j’aurais dû me méfier.Frime lorsqu’il s’est assis à la place du conducteur, symboliquement, la place du Père !
Et là, j’ai ma première intuition : « Tu veux que je te sortes la voiture du garage ?
-Je veux bien »
Je n’ai pas réalisé à cet instant que je venais de sauver mes rétros.Et c’est parti.
Mais qu’a-t-il fait avec la monitrice de l’auto école ? « C’est bon » avait peut-être un autre sens !? (avait-t-il pris des préservatifs ?)Dès qu’il eut démarré, c’est-à-dire après plusieurs soubresauts, j’ai compris que je n’allais pas vivre « un fabuleux moment de complicité », mais bien une épreuve initiatique :
1. Gérer le reste de la fratrie, et les sarcasmes proportionnels à la (défunte) frime : « Où t’as mis les sacs à vomi ? » « j’aurais dû faire mon testament »…
2. Apprécier la route d’un autre point de vue : la profondeur des fossés par exemple « pas sur l’herbe, même quand tu croises un bus ! »
3. Rester zen au milieu d’un carrefour, après qu’il ait calé 3 fois. Là, j’avoue honteusement mon échec lamentable. « Tu vas la démarrer, cette voiture ! »Oui, je vous prends à témoins, chers lecteurs ! quelle que soit notre position plus ou moins éloignée de la religion, on a un réflexe primaire « Mon Dieu ! faites que ce 38 tonnes s’arrête ! »
Trêve de matérialisme, de philosophie et de réflexion, j’ai donc connu une crise mystique instantanée, et un amour tout aussi instantané pour ce routier qui ne nous a pas aplatis et qui a patiemment attendu que ma progéniture se rappelle que, pour avancer, il faut avoir enlevé le frein à main…Hélène
"L?homme le plus heureux
est celui qui fait le bonheur d?un plus grand nombre d?autres"
Denis Diderot
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