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Poème partagé par JacquesHiers – création poétique en ligne
Doucement,
Le cygne glissa
Sur les eaux noires des draps
Et l’on ne perçut plus
Que le lent bruissement
De la soie de ces draps
En de fins mouvements
Nés de ces deux peaux nues…Et sur le long col blanc
Où des mèches en blondeurs
Couraient étrangement,
Il posa là ses lèvres,
Descendit lentement
En contenant sa fièvre,
Demeura un instant
Sur la petite grève
Entre ces deux seins blancs
Aux charnelles coupoles
Et aux roses aréoles
Tendues…Il écouta l’haleine
Du cygne dont le chant
Se percevait à peine
Dans le silence ambiant…
Un froissis à nouveau,
Alors se fit entendre…
Une cuisse sur un drap…Ainsi geignait Cassandre,
Beau cygne qui passa
Un instant dans sa chambre…
Il avait donc rêvé
De quelque moment tendre,
Mais l’onde de ses draps
N’était point là ridée,
La lune entre ses bras,
Silencieuse roulait,
Grosse boule rieuse immaculée…
Et il se rendormit.
Pierrot abandonné.Jacques Hiers
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