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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne
Fleuve ! Serpent d’acier sur mon sol étiré,
Tu gis lascif au bord des couvertures vertes,
Les bovidés d’albâtre en tes berges ouvertes
Viennent boire l’eau vive au calice azuré.Ton onde se déverse ainsi qu’une avalanche
Ou s’étale et paresse en rythmes langoureux,
Pilastres alignés et se mirant nombreux
Au psyché de ton cours les grands aulnes se penchent.Chaque méandre un site admirable trahit
Nids d’aigles des châteaux, palais à fière allure
Par les siècles posés coiffent ta bosselure
Et brillent sur ton front, phares de mon pays.Coule, coule, ma Loire , ô source inépuisable,
Parmi les graviers blonds ornés de verdiaux
Où sous l’astre estival en superbes joyaux
Des sirènes d’amour se dorent sur le sable.Combien d’enjambements t’exposent leurs dessous ?
Les arches franchissant ton courant, indécentes,
Font se tendre la main aux terres différentes
Et chutent leurs reflets tremblant sur tes remous.Sillon préhistorique unissant les extrêmes
Par la pente conduit du Massif où tu nais
A ma ville natale, escale en Nivernais,
Je goûte à ton rivage aux délices suprêmes.Te retrouver souvent et sans discernement,
Que j’aime contempler ton vallon d’une côte
Ou cheminer songeur près de tes grèves, hôte
A son amphitryon puisant l’enivrement.Comme deux vieux époux déambuler ensemble,
Faire communiquer ta vague avec mes pas,
Toi glisser, moi fouler les galets ronds ou plats
Et les sentiers tracés sous la vergne ou le tremble.Compagne des meilleurs ou plus sinistres jours,
Que plaisent à mon cœur les belles étendues
Je resterai fidèle aux saisons épandues
Et nous ferons rimer aimer avec toujours !
Sept 87
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