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Poème partagé par grodele – création poétique en ligne
Le Printemps de Botticelli
Voici, pleine de vergogne, la belle dame
qui franchit l’orée dont le sous-bois viride
désaltère l’émoi, apaise les alarmes.
Toute à ses pensées, elle y pose un oeil languide.L’oeil de la donzelle, d’une feinte innocence,
se voit pourtant trahi par son téton coquin
et peut-être aussi par ses doigts qui dansent
et conjurent le sort du revers de la main.L’éphèbe, le manteau décemment retenu,
sachant bien ce que va déchaîner son geste,
tend le bras vers la pomme, le fruit défendu.
l’Amour dodu bande son arc d’une main lesteInvisible à leurs yeux, une engeance antique
conduit la course légère des nymphes et des fées.
Là, le Printemps apprête son philtre magique :
Femme sereine, qu’est sur sa hanche posé ?Est-ce une folle brassée de fleurs épanouies
qu’elle puise par poignées et qu’elle va semer ?
Ou bien aussi quelqu’autre délice enfoui
au creux du pli obscur de sa robe levée ?Que peint encore l’oeuvre de la Renaissance
miroir qui nous parvient d’un âge libertin ?
Trois Grâces voilées d’impudique transparence,
leur blondeur maîtrisée en des chignons coquins.De leurs bras joints faisant une chaîne ravissante,
montrant leurs rondeurs, promesses des fruits d’été,
Elles dansent sur l’humus à l’odeur puissante,
de pieds ailés, font voler leurs robes drapées.Zéphir surgit, terrasse la fuite timide
de Flore, nymphe aux abois, la glace d’effroi
en soufflant sur elle son haleine humide,
et d’une poigne bleue, l’entraîne au fond des bois.S’il vous venait un jour un désir d’Italie,
au Musée des Offices voyez ce joyau,
cette splendide toile de Botticelli
en Florence, ville chérie du Quattrocento.recueils de mes po?mes disponibles : Cliquez sur les liens ci-dessoushttps://www.edilivre.com/la-dechirure-des-jours-nicole-ride.html
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