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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne
Entre les peupliers et leur clôture droite,
Courant toujours plus loin, libre comme un fuyard,
Le canal va de cage étroite en cage étroite.Tatoué sur la chair terrestre le bagnard
Se mouvant dans sa geôle étale et sans limite
Draine sans fin des jours d’azur ou de brouillard.Loin des rires marins son onde qui palpite
Fait entendre ses pleurs quand un vent violent
La précipite au front de sa cloison maudite.La courbe ou l’échelon d’un mirifique élan
Tendant la perspective ou plus haute ou plus vaine
En rêve divertit le chemin somnolent.De terroir en terroir, de domaine en domaine
A travers ses barreaux ne l’oubliant jamais
La Nature apparaît terriblement lointaine.Allégorique l’eau sans sautes ni sommets
Qui coule son ennui dans une impasse immense,
N’est-ce pas notre Vie en France désormais ?Ils nous ont tout volé : l’acquis et l’espérance,
Le travail, la gaieté, la justice et l’honneur,
Tout ! sous l’oeil complaisant d’un monde qui dispenseA loisir le venin des marchands de bonheur.
Avr 92
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