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Sujet
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La brume du matin a étendu son voile sur la Meuse
dont les eaux s’en vont vers des mers lointaines.Sur ses quais j’y promène ma solitude et mon désarroi.
Mais enfin, qu’ai-je fais pour tant souffrir ?Mes pas martèlent le bitume, seul le vol du héron déchire ce
silence.
La vieille dame ne souffre pas d’être dérangée à
cette heure matinale.Les lueurs de l’aciérie illuminent les flots. Je sais l’enfer
qui y règne !La locomotive qui transporte le vomi du train à chaud sonne.
On dirait le glas de cet outil que les financiers ne veulent plus.Ma peine est grande, je suis seul.
Tout à coup je me trébuche, je lève la tête.
Un géant se tient devant moi. Il est si grand…-Que me veux-tu promeneur ?
-Hum… rien, enfin peut-être.
-Si tu ne sais pas, alors passe ton chemin, j’ai tant à faire.
-Ah ! Oui ?
-Bien sûr ! Je suis la sentinelle de ces lieux. Ca ne se voit pas ?
-Et que gardes-tu ?
-Les cœurs en quête de tendresse ou en détresse.
-Stop le géant ! Je ne suis pas dupe, tu n’es qu’une illusion.
Tu ne peux savoir ma détresse !-Alors, vas-t’en moussaillon, Brigitte n’en saura rien.
Elle aime tant les roses blanches…-Bon sang ! Que me dis-tu là ? Comment sais-tu qu’elle aime
les roses blanches ?
Tu peux me faire confiance, je garde en ce lieux tant et tant
de secrets.-Et qu’as-tu à gagner ?
-La paix. Celle qui se trouve à l’intérieur car c’est mon travail.
-Ton pouvoir est immense le géant ! Tu me fais peur.
Qui me dit que tu sais garder les secrets ?-Des centaines de personnes m’ont posé cette question.
C’est dans leur cœur que se trouve la réponse. Que te
dit ton cœur ?-Tu sais parler en effet cher géant, je n’ai rien à perdre, mon
combat est vain, tu es si grand !
Nulle besoin que je t’explique puisque tu sais tout ! Oui, elle
est partie et c’est de ma faute.Je n’ai pas su l’aimer, j’ai voulu qu’elle m’appartienne sans
partage or elle avait besoin d’exister.
Maintenant, j’ai tant de peine et je suis si désemparé.-Enfin, te voilà plus humble moussaillon. Il te reste l’espoir.
-C’est tout ?
-Oui !
-Vas-tu intervenir ?
-Ah haha ! Pour avoir des reproches, ça jamais !
-La belle affaire ! Un géant qui ne peut rien faire.
-J’ai déjà fait beaucoup pour toi. Tu as su mettre des mots sur
ta souffrance et accepter tes torts. Maintenant, va et espère.Les réponses tu les trouveras au fil de l’eau. Mon travail est terminé.
Le réveille sonne. Brigitte est bien à mes côtés. Juste un rêve…
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