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Poème partagé par JacquesHiers – création poétique en ligne
Un piano, quelque part
Dans une Salle des Ventes
Se morfond et se tait
Et demeure en attente,
Il a le cœur au noir
Sous son vernis rayé…
Comme il est silencieux,
Recouvert d’une toile,
Comme une grande étoile
Qui serait là tombée ;
Et là, dans le silence,
Il regrette le temps,
Le temps de ces concerts,
Le temps de ces vibrances,
Lorsque sur son clavier,
Les doigts de Lucienne couraient,
Tout aussi légers que l’air…
Il en ont connu des transes
Et des émois qu’applaudissaient
Des mélomanes passionnés…
Mozart n’est plus,
Chopin pas plus,
Depuis qu’il a connu
L’absence,
Depuis que Lucienne n’est plus
Qu’une ombre autour de lui qui danse…
Ici passent des inconnus,
Voilà que l’on soulève la toile,
Alors, « l’Etoile »
Un court instant là se dévoile
Et sourit de toutes ses dents,
Quand sur son clavier un instant
Des doigts pianotent par intervalle…
Va-t-on l’acheter maintenant ?
Sera-ce une dame ou un enfant ?
Sera-t-il en un salon,
A nouveau tout flamboyant,
Il est si vieux le « Steinway » ?!…
Après tout ça lui est égal
Pourvu qu’on le tire du néant !
L’on a rabaissé le voile,
Anonyme, il va rester
Et des pas vont s’éloignant,
Le piano tel une migale
Reste en son coin, se repliant…
Sous sa…toile…« A Lucienne »
Jacques Hiers
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