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Le rêve passe, Adolphe Bérard (1909)

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photodaniel46, le 26-02-2013 04:48.
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    Avatar photodaniel46
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      Chanson-Marche

      Musique : Georges Krier, Charles Helmer
      Paroles : Armand Foucher)

      « Le rêve passe » est le plus gros succès de l’année 1909, et de la Belle Epoque. Cette chanson a été crée en 1906 par Bérard, qui l’a enregistrée en 1909 pour Odéon. Cette chanson a été inspirée du tableau « Le Rêve » du peintre Edouard Detaillé (1888), et fait partie des nombreuses chansons d’avant guerre faites pour l’amour de la patrie et la revanche face à l’Allemagne. La chanson raconte l’histoire d’un petit soldat voyant dans son rêve l’armée victorieuse de Napoléon. Bérard était une grande vedette de cette époque. De 1900 jusqu’à sa retraite en 1931, il enregistrera toute sorte de chansons: chants patriotiques, chansons sentimentales, et même des fox-trot dans les années 1920. Il mourut en 1946.

      Et quelle voix !!

      Les soldats sont là-bas endormis sur la plaine
      Où le souffle du soir chante pour les bercer,
      La terre aux blés rasés parfume son haleine,
      La sentinelle au loin va d’un pas cadencé.
      Soudain voici qu’au ciel des cavaliers sans nombre
      Illuminent d’éclairs l’imprécise clarté
      Et le petit chapeau semble guider ces ombres
      Vers l’immortalité.

      Les voyez-vous,
      Les hussards, les dragons, la Garde,
      Glorieux fous
      D’Austerlitz que l’Aigle regarde,
      Ceux de Kléber,
      De Marceau chantant la victoire,
      Géants de fer
      S’en vont chevaucher la gloire.

      Mais le petit soldat
      Voit s’assombrir le Rêve,
      Il lui semble là-bas
      Qu’un orage se lève,
      L’hydre au casque pointu
      Sournoisement s’avance ;
      L’enfant s’éveille, ému,
      Mais tout dort en silence
      Et dans son cœur le songe est revenu.

      Les canons !
      Les clairons !
      Écoutez !
      Regardez !
      Les voyez-vous,
      Les hussards, les dragons, la Garde,
      Ils saluent tous
      L’empereur qui les regarde.

      Fiers enfants
      De la race
      Sonnez aux champs,
      Le rêve passe.

      ————————–
      suite non chantée

      Et dans un pays clair où la moisson se dore,
      L’âme du petit bleu revoit un vieux clocher.
      Voici la maisonnette où celle qu’il adore
      Attendant le retour, tient son regard penché.
      Mais tout à coup… Douleur ! Il la voit plus lointaine,
      Un voile de terreur a couvert ses yeux bleus.
      Encore les casques noirs, l’incendie et la haine,
      Les voilà ce sont eux !

      Les voyez-vous,
      Leurs hussards, leurs dragons, leur Garde,
      Sombres hiboux
      Entraînant la vierge hagarde.
      Le vieux Strasbourg
      Frémit sous ses cheveux de neige.
      Mourez tambours,
      Voici le sanglant cortège ;

      Bientôt le jour vermeil
      A l’horizon se lève
      On sonne le réveil
      Et c’est encore le Rêve.
      Les Géants de l’An deux
      Sont remplacés par d’autres.
      Et ces soldats joyeux
      France… ce sont les nôtres.
      Blondes aimées ! Il faut sécher vos yeux.
      Vos amis, les voici.

      Les voyez-vous,
      Les hussards, les dragons, l’Armée,
      Ils mourront tous
      Pour la nouvelle épopée.

      Fiers enfants
      De la race
      Sonnez aux champs,
      Le rêve passe.

      Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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