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Poème partagé par Noel-Opan – création poétique en ligne
Je vais à pas de loup sur l’auguste sentier
Ecouter le chant triste et tombal des corneilles.
Et leurs cris nasillards qui choquent mes oreilles,
Dans leur nuage noir, me font croire au guêpier.Je préfère, en tout cas, l’oiseau dit du printemps
Qui se plaît à voler quand arrive l’orage,
Et se gave de mouche en prenant son virage
Dans le ciel assombri qui nous donne le temps.Papillon de la nuit que l’on dit éphémère
Viens voir ce réverbère où la lumière naît.
A son pied une grue étalant ses attraits
Prépare le pécule à l’homme qui la gère.Mais ce soir, dans les rues, un taxi va me prendre
Pour aller au concert des anciens démunis.
Au palais des congrès ils se sont réunis
Pour dire leur colère et pour se faire entendre.Des gerfauts, au dehors, affrètent en convoi
De minables casqués d’une sombre cagoule.
En face, en boucliers, une toute autre foule
S’apprête à riposter aux mutins, sans pourvoi.Le tonnerre est grondant et la pluie est averse
Sur tous ces longs trottoirs qui promènent les gens.
Qui peut dire sans faute où sont les indigents
Qui n’ont pas assez faim et gardent ce commerce.Le printemps est pluvieux, mais ses jours sont comptés ;
Est-ce que cet été nous donnera la joie ?
Et moi, ne le sachant, je crie fort et j’aboie
Aux loups qui sont passés et qu’on n’a pas domptés.
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