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Poème partagé par tolpac – création poétique en ligne
Petite fille …Petite fille, je m’en souviens comme si c’était d’hier par un beau jour tu es née
Venant en ce monde t’insérer dans l’existence auprès de tes deux frères aînés
Années après années, sans que je ne m’en rende bien compte tu as vite grandi
Tu es devenue une belle adolescente plus rapidement que l’on me l’avait préditPuis par un début de printemps tu es partie faire ta vie au bras d’un amoureux
Me laissant la seule possibilité de vous souhaiter que votre couple soit heureux
Périodiquement vous passez me voir, prendre des nouvelles ou dire un bonjour
Le reste du temps en travail et loisirs votre existence s’active, c’est ça l’amour !Pendant que je dévale la pente glissante sans remontée des ans qui s’accumulent
Avec la vie active et la société contre mon gré, je dois prendre un important recul
Je réalise enfin que dans quelques années il me faudra définitivement me retirer,
Avec d’autres gens dans un foyer logement aller jusqu’à mon dernier jour résiderJ’y aurai de nouveaux bons amis qui seront comme moi de pauvres vieux croulants
Obligés de se déplacer à l’aide de cannes anglaises, de pratiques fauteuils roulants
Chaque jour de gentilles assistantes ou pas, nous réveilleront, nous sortiront du lit
Nous installeront soit devant la télévision, soit dans un petit coin réservé où on litPuis elles nous emmèneront dans le grand réfectoire pour prendre le repas de midi
Pour ensuite nous mettre par groupes dans la cour afin de séjourner l’après-midi
J’irai peut-être de temps en temps avec quelques copains jouer à la boule de fort
Tant que cette activité ludique ne demandera pas à mon corps usé trop d’effortsDurant l’été on nous conduira faire un tour une fois tous les deux mois à la plage
Mais il nous faudra reprendre le car juste après le goûter, à cause de notre âge
L’océan aura toujours le même goût de sel, cependant en plus un petit côté amer
Ce ne sera plus la même chose, même plaisir que jadis en famille, d’aller à la merOn apprendra parfois en bavardant au dîner qu’une collègue nous aura quittés
De voir également notre tour arriver, on essayera de ne pas trop se précipiter
Des chiffres, des lettres, un feuilleton peut-être et faudra faire dormir les yeux
Ainsi se passent en maison de retraite régulièrement les journées pour les vieuxJour après jour toujours accompagné, mais seul en vérité, ainsi se passera ma vie
De recevoir ta visite ne serait-ce qu’une fois par année, j’en serai sûrement ravi
Un temps viendra où je ne désirerai plus que quitter ce monde, briser mes chaînes
Que mon corps enterré soit juste engrais faisant pousser des glands sous un chêneCris Tolpac
N.D.A. : En écrivant cette page je n’ai pas songé au fait que les enfants ne rendent plus souvent visites à leurs parents âgés, étant trop pris par leurs propres vies de couple, devant assumer travail, famille, etc… mais à celui que notre existence passe très vite, que nous avons à peine le temps de les voir naître, devenir grands et les voici déjà adultes, partant pour accomplir leurs propres destinées.
Par ailleurs mon idée était d’évoquer les » conditions de survies » ( car ce ne sont plus vraiment des moments qui correspondent à la vraie vie ) des personnes en maisons de retraite, ( si bonnes soit-elles ) qui ne sont en finalité que des salles d’attentes de la mort, en retrait de la société active et où l’on tue le temps comme on peut entre vieux, avant que le temps nous tue nous-mêmes, à son rythme, chacun son tour.
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