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Poème partagé par yoledelatole4 – création poétique en ligne
Au revoir les enfants
Jules était là , mort , étendu
Loin de sa femme rachel
Loin de ses fils lucien et Louis
Mort en ses terres laissées a l’abandon par la folie des hommes
Meurtries par une terreur nommée guerre .
Jules était mort , un jeudi presque ordinaire
Juste au bord de ces tranchées arrachées par la déraison humaine
A la bordure de cet enfer
Loin des prés verts .
Loin de chez lui .Il était étendu là , son uniforme gris transperçé de trois balles
Trois impacts ayants traversé son épaule , son visage et son coeur .
Désormais celui-ci était froid et sans battements
Dans sa main gauche , il tenait un bouton d’or .
L’ultime vestige d’une nature abandonnée , gazée et brûlée .Ici en ce lieu sordide , les grillons ne chantaient pas la nuit comme dans son midi natal
Ici , les oiseaux , les pinsons ne sifflaient pas
Ils n’éxistaient plus
ils ne vivaient plus
Ils ne venaient plus .Ici les étoiles ne se couchaient pas dans un grand lac bleu quand venait l’aurore naissante
Ici les étoiles mourraient sous les suffoquements et les vrombissements des avions déversants leurs crachats de métal .
Jules tenait dans sa main gauche un bouton d’or .Jules était un homme simple
Mais ,
De ceux qui pensaient qu’ils sont deux genres, ceux qui ne vivent que pour eux
Et des autres capables de mourir pour les autres
Il faisait partie de cette seconde catégorie
C’était la raison pour laquelle il était mort ce jeudi .
Avec un bouton d’or dans la main gauche .La raison pour laquelle il se trouvait cette nuit là devant chez lui était limpide .
Alors que la nuit était noyée entre le clair et l’obscur
Lui se trouvait immobile entre les chants des grillons qui hurlaient
Et les feux-follets qui pullulaient .
Il était a trois marches du pérron , et les jacinthes s’étaient endormies
Il s’avanca .Derrière lui les étoiles étaient encor hautes au dessus du lac
Tournoyantes sur des reflets d’une nuit encore fraiche en ce mois d’avrilQuelque cadres le séparaient de la chambre de sa Rachel
Des photos teintées de noir et blanc , et d’un sépia presque ternit
Rachel dormait ,belle
D’un sommeil serein ,
La caresse qu’il déposa sur sa joue ne la réveilla pas
Tout au plus la fit-elle se retourné passant sa main sur son visage d’un blanc nacré
Son reflet s’illuminant a la lueur de la vieille lampe a pétrole
Celle là même qu’elle gardait allumé depuis qu’il était partit
Se prométtant de l’éteindre quand il serait de retour, un jour , peut-ëtre une nuit .Il était revenu , juste là droit devant elle
Un bouton d’or dans les doigts sérrés de sa main gauche
Dans son costume gris et taché
Et transperçés de trois balles
Comme un soldat de plomb laissé a l’abandon .lucien , louis ces enfants
Tous deux étaient dans le même grand lit de chêne
Tous deux endormis
Attendants le retour de leur Jules de père
Et il était là ,
Droit devant eux .
Des restes de souvenirs de vie les séparants
Les étés , les anniversaires ,
Les automnes , les baisers sur le front ,
Les hivers et les chaleureux et nostalgiques souvenirs au bord d’une cheminée
Et bien sur , un futur qui plus jamais n’éxisterait ,
Il les regardait ,
Là , droit , transperçé ,froid et mort .
Ces chaussures laissants les restes d’une terre lointaine et salie du sang de compagnons perdus , comme lui .
La lune se reflétaient sur leurs regards paisibles et sereins ,
Et surtout bien vivants .Jules portait les stygmates de cette plaie qu’était l’enfer de Verdun
Mais les plaies les plus profondes ne sont pas toujours les plus visibles
Elles sont plutot les écueils d’une âme ou les vagues de l’amer viennent s’échouer .
Ce dont désormais il était certain
Et pour cause .Il déposa un baiser sur chacun d’eux
Doux et tendre
Et étonnamment chaud
Et simplement leur sussura
-au revoir les enfants .Le jour suivant , en cette année 1917 alors que le soleil se levait , comme tous les jours
Lucien du haut de ces quatre ans trouva sur le bord de son lit une fleur d’or vêtue .
Un petit bout de soleil au parfum de vie .Loin du corps de leur Jules de père , qui allongé ne tenait dans sa main gauche que l’immensité du vide et de la désolation.
Alors qu’une heure auparavant il venait de mourir .Bien loin des étoiles qui s’endorment au petit matin sur le grand lac bleu
Loin des grillons qui pullulent la nuit quand la nuit se fait chaude
Loin de sa femme Rachel
Loin de Lucien ,
Loin de Louis
Et pourtant si procheJuste a la frontière d’une nuit emportant sur les vents un bouton d’or
A la lisière de la mort et de l’amour
De la clairière entre les ombres et les vivants
De la vie et de la nuit .
Mais peut ëtre n’était ce qu’un rêve ,
Peut-être ou pas .
Ou une âme laissée au vent
Ou une larme laissée au temps .🪶 Signature de la plumela nostalgie est un bouquet de fleurs enfoui au fond de votre coeur , qui vous embaume quand remontent les souvenirs du bonheur , yohann
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