Mon cher Candidao, je n’ai jamais prétendu ne pas faire d’erreur, j’y aspire cependant et je m’y efforce à chacun de mes écrits. J’accepte d’ailleurs avec beaucoup de joie et de reconnaissance, les remarques justifiées attirant mon attention sur des fautes ou des oublis.
Comme je l’avais dit il y a quelques années à une personne qui me faisait remarquer que dans certains de mes vers je ne respectais pas la diérèse : je ne m’adresse pas aux lecteurs du 17e, 18e ou 19 e siècle. Je m’adresse aux lecteurs du 20 e et du 21ee siècle. J’utilise le langage des gens simples, le langage du peuple, celui de tous les jours, celui qu’il perçoit, qu’il utilise, et pour ce faire je dois me conformer à la façon dont les mots sont prononcés de nos jours. Personne,toi le premier ne pratique la diérèse lorsque tu converses avec quelqu’un. Personne ne dit : j’ai de la con-si-dé-ra-ti-on pour cet homme, j’ai fait l’ad-di-ti-on, j’ai fait le compte des ra-ti-ons, etc..etc.
Je suis Bouquiniste, et depuis toujours je déplore que le rayon poésie soit laissé par l’immense majorité de la clientèle. Les seules oeuvres vendues régulièrement sont les auteurs demandés aux élèves lors de leur scolarité : Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Prévert. . Et j’ai essayé de comprendre le pourquoi de cette désaffection. Je pense qu’elle est dûe entre autre à l’incompréhension des gens du peuple qui n’apprécient plus un langage qu’ils considèrent comme affecté, pédant, prétentieux, exagéré, suranné.
Je sais très bien écrire en alexandrin classique, je sais très bien pratiquer la diérèse si mon texte l’exige. Si j’écrivais un texte en alexandrin se passant au 18e ou 19 e siècle, je me conformerais alors au langage de l’époque, je saurais très bien faire des phrases à la Marivaux, ou si mon texte faisait intervenir des personnages moyenâgeux , je saurais également m’adapter et utiliser le langage et les formules de l’époque sans difficulté.
C’est donc volontairement que je ne pratique pas la diérèse tout simplement pour que le commun des mortels retrouve en me lisant son langage, sa façon de parler, et surtout sa façon de prononcer les mots qui n’a plus rien à voir avec la façon dont les mots se prononçaient il y a 200, 300 ou 400 ans en arrière. Eh ! oui, on peut faire des alexandrins en parlant et en prononçant les mots, tels qu’ils sont prononcés par tous.
Devrais-je au début de chacun de mes textes publiés préciser que je m’adresse avant toute chose, aux hommes du 21e siècle et que je n’utiliserai que leur langage de chaque jour et leur façon de prononcer les mots ?.. Sans doute, cela éviterait, pour certain de croire que je me suis trompé.
– Par ailleurs, au niveau du sens:
Tout « comme c’est mon cas » est mieux dit que » comme dans mon cas »
Tu vois une faute là ?…
Quelqu’un qui dit : Dans mon cas, commet une erreur ?.. Je crois qu’il faut que tu révises ta position.
De plus,une chose t’échappe complètement apparemment : Je fais parler un personnage, un homme du peuple, un peu rustre sans doute, et j’utilise SON langage, tu veux le corriger ? Ce n’est pas moi qui parle, c’est le personnage de ce texte , et s’il parle comme un homme du peuple tu veux le corriger ?
– « L’argent qu’elle avait pris, j’étais dans l’indigence,
Malgré mon bon vouloir, je me laissais griser ».
La dernière moitié du dernier vers ne laisse que peu de place au sens: comment, pourquoi se laisser griser???
L’homme en dépit des difficultés, se laisse griser par ce qui a été dit précédemment, dans les précédents quatrains : tu l’as déjà oublié ?..
Petit rappel :
Nous fûmes emportés , un tourbillon suprême,
Transportés par l’amour, malgré bien des tracas
Alors que nous étions partis à l’aventure,
Pour vivre pleinement ces instants merveilleux.
Eh ! oui, cet homme se laisse griser par l’aventure, par l’amour, par la présence de Monique, il ne veut pas penser,au reste, il veut savourer ces instants de bonheur inespérés !
Il est dans l’indigence, malgré son bon vouloir, sous entendu il a bien essayé d’apporter un peu d’argent lui aussi, mais quand on n’en a pas , seul le bon vouloir reste, et pour ne pas gâcher son bonheur, il ne veut pas y penser, il se laisse griser par l’amour au jour le jour.
-Toujours côté sens « Qu’elle avait bien maigri. » il aurait été juste de dire « minci » dans ce contexte!
Encore une fois : ce n’est pas moi qui parle cher Candidao, ne confonds pas, c’est le héros, l’homme du peuple, un peu rustre et puis tu n’as sans doute pas saisi le côté voulu, délibérément comique. Quand a prétendre que minci est mieux que maigri, dans le cas présent, il n’y a aucune raison de le faire, les gens disent plus souvent à quelqu’un d’autre : Tu as maigri, que tu as minci, non ?…
-« Contrainte »???, le sens doit primer, si c’est juste pour les besoins de la rime, je mettrai autre chose!
Décidément cher Candidao , quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.
Donne-toi s’il-te-plaît la peine de lire la suite :
Contrainte Par remords de pleurer,
Contrainte est le début de ce qui suit au vers suivant. Il me semblait que c’était pourtant explicite.
Contrainte par remords de pleurer, ou pour que tu comprennes mieux le français, contrainte de pleurer, par remords. Ce sont ses remords qui la contraignent à pleurer.
-Quand je te quitterais !… » le futur est exigé et quitterai ne prend pas de s!!!!
Alors là, cher Candidao, je te remercie vraiment vois-tu, c’est une faute qui m’avait échappée. Je t’en explique la raison.Quand j’ai écrit ce quatrain, dans un premier temps j’ai utilisé le conditionnel ( avec un S ) ,et pour retomber sur mes pieds, j’ai complètement changé la formule utilisée. J’ai changé des mots, les vers, mais j’ai conservé le verbe sans corriger le temps. Cela m’arrive quelquefois et heureusement parfois on me le fait remarquer et je fais ma correction immédiatement, et je suis sincère : je t’en remercie vraiment !..
– Il y en a encore mais je m’arrête là… Un texte qu’il faut revoir!
D’une part je ne vois aucune autre faute, je n’ai donc aucune raison de changer quoi que ce soit,à part corriger quitterais !
Amitiés Merci, encore une fois ! StJust
🪶 Signature de la plume
La poésie ne souffre ni l'à peu-prés, ni la médiocrité. Seule la recherche de la perfection doit nous animer dans ce domaine. Il faut donc être impitoyable avec ses propres écrits et ne rien se laisser passer. Il y a toujours un moyen de corriger une erreur, une mauvaise rime, une mauvaise tournure.