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Poème partagé par StJust – création poétique en ligne
LA BLAGUE D’UN AMI
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Un ami m’avoua, un jour de confidence,
Qu’il se livrait parfois à des blagues d’enfants.
Cà marche à tous les coups, point besoin de prudence,
Tu la fais au culot et…résultats probants !…Devant un écriteau, une quelconque annonce,
Il s’esclaffait tout haut : Quelle faute Mon Dieu !…
Au personnel présent, comme un coup de semonce,
Ses propos le frappaient, vu le ton sentencieux.Madame, s’il-vous-plaît : corrigez-moi ce texte,
Cette erreur est pour moi, qui suis un fin lettré,
Une abomination, voyez, là, c’est prétexte,
A se moquer de vous, digne d’un illettré !…Vous croyez ?.. Tout d’un coup, J’ai moi aussi un doute…
Autour d’elle ils étaient plus ou moins médusés :
Il me semblait… je crois,… et tant pis, s’il m’en coûte,
Je monte voir mon chef, il va être amusé !…Quelques instants après, encore stupéfait,
Muni de son Littré le Chef arrive hautain :
Il semblerait, Monsieur, je suis sûr de mon fait,
Que vous fassiez erreur et ce j’en suis certain !….La dame près de lui, acquiesce rassurée,
Les autres employés, qui doutaient, d’un seul coup,
Jurent qu’ils le savaient, alors vient la curée :
Reproches, quolibets, il en tombe beaucoup !…C’est alors que l’ami, sans perdre sa superbe,
S’esclaffait bruyamment, tout en prenant congé,
Sachez mes chers amis, ce que dit le proverbe :
Celui qui parle fort est souvent mensonger.Je vous ai fait douter, remplis de scepticisme,
Je semblais sûr de moi, vous avez hésité,
Devant de tels propos, il faut du stoïcisme,
Pour être sûr de soi, le doute est suscité.Puis tournant les talons, il partait tête haute,
En laissant ahuri le personnel troublé,
Jurant contre ce fou, et sa soi-disant faute,
Riant jaune à demi, car se sentant doublé.Tu pourrais toi aussi en faire de semblables,
Me dit-il, tu verras, il suffit d’affirmer.
Et plus ce sera gros, et plus comme des diables,
Les correcteurs viendront ton propos infirmer.D’accord, et sur le champ je me mets à l’ouvrage,
J’ai là un corrigeur qui me prend à partie,
Titillons son savoir, sans aller à l’outrage,
Prétendons à l’erreur, voyons sa répartie.Prends parmi ses écrits, un mot et dit qu’un S,
A été oublié, parle ex cathedra,
Je sens qu’il va bondir, te pendre à une esse,
Et te vilipender , c’est sûr qu’il t’en voudra !…Oh ! Ce n’est là qu’un jeu, ce n’est qu’une amusette,
Beaucoup vont vérifier, me faire la leçon !…
J’aurais de quoi je crois, remplir une musette,
De blâmes mérités… et être en caleçon!…St Just ( Joël Gauthier ) 18.1.2014
…
🪶 Signature de la plumeLa poésie ne souffre ni l'à peu-prés, ni la médiocrité. Seule la recherche de la perfection doit nous animer dans ce domaine. Il faut donc être impitoyable avec ses propres écrits et ne rien se laisser passer. Il y a toujours un moyen de corriger une erreur, une mauvaise rime, une mauvaise tournure.
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