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Poème partagé par Noel-Opan – création poétique en ligne




Sur ce banc des anciens où nous sommes tous deux
Je te tiens par la main te faisant la causette,
Et de l’heur qui en naît tu me fais ta risette
Tout comme au bon vieux temps de nos jeux amoureux.N’étant plus, lors, pressés nous contons nos exploits
Quand de jeune attitude et de verbeux courage
Nos grands sauts de cabris nous portaient au sillage
Des hussards fort charmants qui grimpaient sur les toits.Aujourd’hui sans regrets, sans remords, sans soutiens
Nous sommes esseulés dans notre seul collège
Quand, ailleurs, dans son flux un étrange cortège
Fait semblant de nous voir en trop vieux béotiens.Mais nous, fervents penseurs, faisons encor serment
De porter nos valeurs pour une bonne entente
Et le cri propulsé de nos cœurs en attente
Fait sombrer l’auditoire en soudain tremblement.Ne sachant plus que dire à ce monde en folie
Je te souffle en silence une douce parole
Et toi ,la larme à l’œil, approuvant mon doux rôle
Tu me serres la main avec mélancolie.Je répands, tout de go, de brefs mais amers pleurs
Qui s’écoulent salés dans le creux de mes rides
Nourrissant aussitôt ces venelles hybrides
D’un suc tout surchargé de soudaines douleurs.Notre saine nature nous dit de supporter
Et surtout de ne pas nous livrer à la plainte.
Alors tous deux liés d’une très forte étreinte
Nous laissons couler l’eau qui veut bien nous porter.Quelqu’un dit, autrefois, que le bonheur passait
Comme passent les fleurs qui embaument sa place.
Pour l’instant notre foi nous garde en son palace
Et repeint ce vieux temps qui lors nous ravissait.



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