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Ilan Halimi, 8 ans déjà: n’oublions jamais…

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoDelph, le 13-02-2014 08:28.
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    Plume de platine
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    Avatar photoLouandrea
    Membre Oasis
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      http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2014/02/10/ilan-halimi-8-ans-deja/

      Des vivants et des morts

      Nos morts
      Se plaquent sans trace contre nos vitres
      Gémissent sans voix dans nos accents
      Oscillent
      dans la frileuse poursuite
      de leur chair abolie
      Leurs cœurs s’endeuillent de la terre
      Leurs mains se tendent vers nos lueurs
      Le spectre de leurs bras cherche à nous retenir

      Mais nos pas de vivants
      déferlent sans leur escorte
      Nos vies
      survivent à leurs plaintes
      Nos heures
      consument leurs contours
      Quelques images se souviennent
      Les ravivant parfois d’une brève flambée !

      Andrée Chédid

      31 ans. Il aurait 31 ans aujourd’hui, peut-être un enfant, une maison, un chien.

      Oh, bien sûr, des drames, il y en a tant…Chaque jour en Syrie, d’horribles morts d’enfants, sous des jerricans d’essence en folie. Et puis dans des petits trains touristiques, ici, chez nous. Et aussi dans les eaux fortes de Lampedusa. La Camarde n’épargne personne, jamais.

      Mais avouez qu’en France, en notre temps civilisé, il est rare de mourir sous la torture. De mourir comme au Moyen Âge, sous les coups, les privations, les humiliations. De crever comme un chien, comme au fond d’une geôle chilienne de l’époque de Pinochet, comme dans un camp de Pol Pot, comme sous les aboiements hystériques de nazis…

      Mais avouez qu’en France, en notre début de siècle civilisé, loin des barbaries des guerres, loin des exactions que se livrent des peuples en furie, il est rare de mourir si gratuitement, simplement parce que des Barbares en veulent à un hypothétique argent d’une « Communauté », simplement parce que vous avez eu la malchance de naître…juif.

      Ce matin, trois jours avant le huitième anniversaire de la mort atroce d’Ilan Halimi, le 13 février, je ne vais pas en faire des tonnes, ni résumer les faits, ni polémiquer.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_gang_des_barbares

      Les chaumières pleureront toutes seules, ou pas, car, somme toute, il est facile de les oublier, les Françoise que l’on a fait exploser au beau milieu de Paris, rue des Rosiers, les Myriam à qui l’on a fait exploser la tête en pleine cour d’école, les Ilan dont on a fait exploser la vie un petit matin de février 2006…

      Je voudrais juste rappeler qu’il y a quelques jours, le tristement prétendu humoriste Dieudonné a été relaxé suite à la diffusion d’un de ses « Shoah-nana », au sujet d’une vidéo dans laquelle il appelait pourtant à la libération du Barbare Fofana.

      http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/dieudonne-relaxe-pour-une-video-sur-ilan-halimi-et-shoah-nanas_1321510.html

      Je voudrais juste rappeler que dans la plupart des établissements scolaires de ma connaissance (statistiques personnelles, mais justes), il n’a pas été fait mention de la « Journée de commémoration de la Shoah », en janvier, et que de nombreux articles de presse ont témoigné de la difficulté de cette transmission.

      http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/01/26/01016-20140126ARTFIG00134-quand-les-professeurs-peinent-a-enseigner-la-shoah.php

      Je voudrais juste rappeler la mémoire d’un jeune homme innocent, plein de vie, de projets, que des Barbares d’un autre temps ont mutilé, saccagé, effacé de la terre, pour que chaque lecteur de ce texte garde en mémoire ce prénom et œuvre, aussi fort qu’il est possible, pour que de tels actes ne se produisent plus.

      Ilan.

      Souvenons-nous d’Ilan.

      Sabine Aussenac
      ***

      Aucune justice n’est possible pour les morts, on ne peut plus les ramener. Il s’agit de mémoire.
      Parce que le tueur tue deux fois : la première fois en tuant, et la deuxième fois en essayant d’effacer les traces de son meurtre.
      On n’a pas pu empêcher leur première mort ; il s’agit maintenant d’empêcher leur deuxième mort ; et si le tueur est coupable de la première mort, la deuxième ne serait plus de sa faute, mais de la nôtre.

      Elie Wiesel

      Mes sites web: http://linktr.ee/sabine_aussenac Lou, aux nuits rossignol...
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