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Gérard Mortier (1943-2014), qui a mené une grande carrière de directeur d’opéra, est décédé à l’âge de 70 ans
Passé par les plus grandes places d’Europe – le Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles (1981-1992), le Festival de Salzbourg (1992-2001) mais aussi l’Opéra de Paris jusqu’en 2009 avant de rejoindre le Teatro Real de Madrid – cette sommité a mené la carrière de patron d’opéra la plus brillante et tumultueuse de ces trois dernières décennies, défendant sans relâche la modernité de l’art lyrique et sa dimension théâtrale.
C’était un dirigeant brillant et à l’égo surdimensionné volontiers tourné vers des metteurs en scène avant-gardistes, ce qui lui a parfois valu des critiques, notamment à Paris. Connu pour sa franchise et son audace artistique, Mortier a remporté de grands succès à Madrid avec des opéras comme « Cosi fan Tutte » de Mozart, mis en scène début 2013 par le réalisateur autrichien Michael Haneke, ou « A perfect American » de l’Américain Philip Glass.
Visiblement affaibli, il avait tenu à être présent à la présentation de l’opéra « Brokeback Mountain » le 27 janvier dernier à Madrid, qu’il avait commandé en 2008 au compositeur américain Charles Wuorinen. Il avait à cette occasion revendiqué une « programmation politique ».The Perfect American
Opéra en deux actes et treize scènes (dont un prologue et un épilogue) pour orchestre, chœur et solistes, composé en 2011 et 2012 par Philip Glass. C’est une adaptation, sur commande du Teatro Real de Madrid en coproduction avec l’English National Opera de Londres, du roman Der König von Amerika de Peter Stephan Jungk (Le Roi de l’Amérique dans sa traduction française) qui décrit la face sombre, plus ou moins avérée ou purement imaginaire, de Walt Disney.
La première mondiale de l’œuvre s’est déroulée au Teatro Real le 22 janvier 2013 sous la direction de Dennis Russell Davies et la mise en scène de Phelim McDermott.Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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