-
Sujet
-
Poème partagé par gentilprince – création poétique en ligne
Deux noyers en miroir.
(Réécrit en six pieds.)Voulez-vous bien ce soir,
Ecouter cette histoire,
Vous asseoir sans un mot ?
En mémoire de leurs maux.Il était une fois…
Deux âmes qui prient sans foi.
Un homme et sa compagne,
Sous un ciel de campagne.En habits de cultures,
Ils vivent de la nature.
Ils remercient les cieux,
Mais ne croient plus aux Dieux.C’est un anniversaire,
L’obscurci luit, s’éclaire.
…
Mais goûtons à l’amer,
Revenons en arrière.
——————————–
Nous sommes vingt ans avant.
Le futur en parents
De jumeaux merveilleux,
C’est un jour fabuleux.Le lendemain matin,
Il lia leurs destins.
Son critère de choix,
Se porta sur deux noix.Il choisit LA plus belle.
Celle-ci, ce sera ELLE.
Pour LUI c’est LA plus grosse.
Le présage d’un beau gosse.Le papa les planta,
Dans un champ de colza.
« Ils grandiront ainsi. »
Le miroir réfléchît…
———————–
Nous sommes cinq ans après,
Le colza devint pré.
Les enfants ont grandi.
Les noyers ont fleuri.Au début c’est papa,
Qui des deux s’occupa,
Mais plus quand les bambins,
Eurent des rires enfantins.Les deux allaient chaque jour,
Sur ce joli parcourt.
Ils cueillaient des fleurettes,
Ils chantaient à tue-têteIls allaient dire « bonjour ! »
À ces tiges de l’amour.
Dans la neige, sous le vent.
De l’été, au printemps
——————————–
Nous sommes dix ans après
Et malgré les années,
Le rituel est toujours,
Sur les mils du parcourt.Les jumeaux ont grandi.
Les rameaux ont forci.
Le temps n’est plus à rire…
Il est noir l’avenir ;Plus le jour avançait,
Et plus le gris fonçait.
Quand! Soudain! Un orage!
La nature se fit rage…Le noyer, bien, tenta,
De lui ouvrir ses bras…
Mais les cieux sont injustes
Et la foudre visa juste…
——————————–
La petite a quinze ans…
Elle se bat pour maman.
Une maladie d’enfant
C’est injuste et pourtant.Le hasard facétieux,
À un humour curieux…
Car quand le ciel frappa…
La petite s’allongea.ELLE se trouva d’un coup,
Sans prier, à genou.
Sa croissance se bloqua
Et sa taille se figea.ELLE se bat pour papa,
Pour encore faire des pas.
Car ELLE rêve en secret
Des noyers et du pré.
——————————–
Les jumeaux ont vingt ans.
ELLE inspire juste avant…
C’est le jour du grand jour,
ILS refont le parcoursELLE pleure pas après pas,
Son frère lui tient le bras.
Ce petit kilomètre…
C’est cent mille centimètres.Mais après ses soupirs,
IL put enfin sourire
Et oublier le pire,
ELLE revenait de rire.« Regarde! C’est un peu NOUS!
Ils sont encore debout…
Regarde! Comme IL est fort…
ELLE… On dirait qu’elle dort… »
————————–
La nature est furieuse,
Mais parfois généreuse.
ELLE a pris son écorce,
Respirée de sa force.Elle s’est dans un doux rêve,
Perfusée de sa sève.
La bonsaï est fluette,
Elle porte des noisettes…Le ciel est beau ce soir,
Il est rempli d’espoir.
Le chat Minou ronronne
Et la maison fredonne.Peut-être qu’un jour prochain,
Comme un curieux dessein,
Vous verrez en dessin,
Deux hêtres main dans la main.Thierry
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.

