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Poème partagé par kernanet – création poétique en ligne
Madame,
Ce soir, il me tarde de sentir à nouveau
Sur mon humble personne, la douceur de vos yeux
Scruter chaque ligne de mon visage, inquiet
Dans le secret, clair obscur, de la fin du jourCe soir, dans la pénombre de mon alcôve
A la lueur chancelante d’une mauvaise chandelle
Je relis, avide de vos nouvelles, ce billet
Si habilement rédigé et parfuméIl me tarde Madame d’apercevoir, enfin
Le fiacre du Marquis, votre pompeux mari
Franchir le porche cossu de votre hôtel
Et l’emporter vers ses rendez-vous d’affairesIl me tarde Madame de rompre l’espace
Qui me sépare de la chaleur de votre regard
Je me languis ma muse, depuis ce jour béni
Où vous m’avez choisi, parmi tous ces artistesJe n’ai plus cher désir que celui de tenir
Entre mes bras tremblant, votre taille si fine
De m’enivrer des effluves de votre parfum
Mes lèvres effleurant votre épaule nueJe n’ai plus cher désir que celui de poser
Un tendre baiser sur votre bouche exquise
De m’égarer avec délicatesse, sur les
Saveurs de votre gorge si peu couverteHélas ces instants si charmant, appartiennent
Désormais au passé et n’auront nul demain
Il faut que je vous dise que j’ai reçu visite
Sinistre et froide comme un coup de lameHélas Madame, quand vous lirais ces phrases
Je serai dans la rosée, couché à jamais
Face à ce bretteur, votre pompeux mari
Je n’ai à opposer que d’inutiles rimesIl me l’a fait savoir, pour laver l’affront
Cet affront que je lui ai fait, il ne saurait
S’arrêter au premier sang versé, sur le prèsPour cet affront… celui de vous aimer…Madame…
Kernanet
🪶 Signature de la plumeD'une succession de mots naissent des phrases qui font des histoires de tout et de rien....
"Alain"
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