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HISTOIRES ELEMENTAIRES
Raconte-moi sur l’eau…
Je te dirai ruisseaux
Les torrents les cascades
Les étangs les rivières
Des grands lacs le miroir
Et les fleuves puissants
Méandres paresseuses
La brume des deltas
Mascarets, estuaires
Reflets rouges du soir
L’immensité salée
Je te dirai la houle
Des lames les embruns
Et le joyau des îles
Les rivages enchantés
Archipels des tropiques
Aussi de la banquise
Le fracas résonner
Des glaces en débâcle
Je te dirai aussi
La vague scélérate
Le flot dévastateur
Des marées tsunami
Les typhons les cyclones
Les fortunes de mer
Et le noir des abysses
Le bleu de l’outremer
L’horizon, rayon vertTu ne dors pas encore ?
Raconte-moi le feu
Je dirai le foyer
Les braises et les tisons
Qui viennent réchauffer
L’âme de la maison
Aussi les feux du ciel
Foudre de Jupiter
Les rayons du soleil
Qui font rougir la peau
Les forges de Vulcain
Qui fondent les métaux
Les fourneaux et la lave
Coulant fleuves écarlates
Le feu des profondeurs
Qui grondent la colère
Des atomes cassés
La sphère incandescente
Et la fin irradiante
Enfin le feu sacré
Celui qui fait renaître
Et les feux de l’amour
Le feu qui brûle en nous
Tel un grand feu de joie
Et puis l’astre du jour
Le feu de l’athanor
Faisant du plomb de l’or
Et rougeoyant l’enfer
Des bûchers de l’histoireTu n’es pas endormie ?
Raconte-moi le ciel
Je te dirai l’azur
De l’aube transparent
De son bleu le plus pur
Là-haut qui s’effilochent
Je te dirai les nues
Le rose et le blanc
Volutes paresseuses
Je te dirai les vents
Le zéphyr et la brise
Leur douce mélopée
Filtrant dans la ramée
Et les nuages d’encre
Les éclairs menaçants
L’explosion du tonnerre
Les bourrasques soudaines
Courant la prétentaine
Les trombes assassines
Les cheveux des aurores
Ondulant tout au nord
Aussi les arcs-en-ciel
Et les couleurs du miel
Je te dirai la nuit
Œil sombre sur l’espace
La lanterne de Lune
La course du soleil
Des lueurs de l’aurore
Au feu du crépusculeTu ne dors pas encore ?
Raconte-moi la terre
Je te dirai la lande
Les prairies la toundra
Les bruyères et les cierges
Epineux des pampas
Les terrains ravinés
Les ocres et les jaunes
Les regs et puis les ergs
Les dunes du désert
Le sel d’altiplano
Des plaines sibériennes
Les glaces permafrost
La douceur des collines
Les monts coiffés d’orgueil
Des neiges éternelles
Je te dirai les prés
Les pâtures bien grasses
Le limon et le loess
Fertiles de promesses
Te dirai forêts noires
Tapis d’hyperborée
La chaude forêt vierge
D’équateur aux tropiques
Le poumon de la terre
Les entrailles profondes
Les avens et les gouffres
Canyons et ponts de pierres
Le marbre des carrièresTu ne dors pas encore ?
Raconte-moi l’espace
Je te dirai les hôtes
De la maison soleil
Les comètes errantes
Aux longues chevelures
L’immensité glacée
Piquetée de fournaises
D’explosions silencieuses
Galaxies, nébuleuses
Et dans la voie lactée
Coule le sang des astres
Te dirai qu’outre-mondes
Sûrement d’autres mondes
Qui nous regardent aussi
Et tous ces sombres puits
Qui mangent la lumière
De la voute étoilée
Tu ne vois que l’histoire
Te dirai que l’espace
Est sablier du temps
Tu comptes en parsecs
En années de lumière
Plus regard est lointain
Plus tu vas en arrière
Pour te casser les dents
A l’aube même du temps
Sur le mur de lumière
Au fin fond de l’espacePas encore endormie ?
Raconte-moi la vie
La vie…
C’est toi qui va la dire
Conclure nos délires
Si tu racontais nousSi fait, mon cher amour
Sur nous, je ferai court
Sur nous, tu as tout dit
C’est l’eau et c’est le feu
C’est le ciel et la terre
Les tréfonds de l’espace
Au royaume des Dieux
Nous c’est comme un enfer
Qui serait paradisEt tu t’es assoupie…
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Parceval
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