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Sujet
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Une cité fantôme, voilà ce qu’elle est devenue,
Quand le temps, peu à peu, efface une époque révolue.
J’étais fillette mais dans ma mémoire reste gravée
La gratitude envers le « Gueule Noir » et son fidèle briquet.Fosse 24, j’observe ta dépouille du sommet d’mon terril,
Je fais renaître tes chevalets pour toujours démolis,
J’entends ta sirène enterrer les mineurs des corons,
Les priver de lumière pour des gaillettes de charbon.Parmi ces hommes, j’aperçois mon grand-père,
Solide comme un roc, transpirant de poussières.
Prisonnier des galeries, il savait en tout état d’ cause
Qu’à défaut du grisou, l’emporterait la silicose.J’admirais également mon grand-père infirmier,
Mais la mine, rarement il souhaitait m’en parler.
Le quotidien du mineur l’avait confronté tout autant
A bander une tête écrasée d’éboulement.Personne n’égalera le courage de ces hommes,
Le coeur sur la main, de bons vivants en somme.
Leur patois hante encore délicieusement mes oreilles
D’une vive mélodie qui vous stimule au réveil.Je descends d’mon terril, l’amertume au coeur
De poursuivre une vie dénuée de vraies valeurs.
Car fillette, lorsque me chauffaient les boulets de charbon
Je m’ sentais fière de ces hommes, courageux mineurs de fond.Fanny
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