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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Ce fut un matin dans le grand océan
Qu’un saumon sentit un grand bouleversement
Dominé par le destin constant de sa lignée
Il devait rejoindre la rivière de ses jeunes années.Nageant dans le Gulf Stream et ses eaux chaudes
Vers les grandes terres, il chercha sa rivière.
Un banc de saumon qui était en maraude
Indiqua à notre poisson son estuaire.Disparu le gout de sel, l’eau devenait douce.
Il remonta le fleuve passant prés des villes des hommes.
Il allait vers sa forêt, sa lointaine cambrousse,
Là où les femelles amoureuses papillonnent.Mais le pauvre saumon n’en pouvait plus de son voyage,
L’eau devenait rapide, le courant fort, ennemi,
Il devait franchir les cascades sans cafouillage,
Son corps était épuisé, affamé, affaibli.Un ours qui voulait pécher du poisson
Se trouva nez à nez avec notre saumon,
Le plantigrade s’apprêta à l’attraper
Quand le saumon se mit à parler._ » Non ne me mangez pas
Je n’ai plus que la peau sur les arêtes
Je ne suis pas un bon repas
Rien en moi n’est grassouillet. »L’ours le regarda puis le prie en pitié
_ » Je vois que vous êtes gringalet,
Suivez votre route, je ne vais pas vous manger. »Le saumon:
– » Merci, mais puis je vous demander un service,
Aidez moi à continuer mon voyage, le temps d’aimer
Ensuite vous pourrez me manger. »L’ours accepta l’offre et décida de l’aider,
D’un coup de patte il le fit franchir la cascade,
Le saumon heureux de l’aubaine bénit l’entraide
Amicale de notre plantigrade.Au fil de l’été, les deux compères devenaient amis,
L’ours se nourrissant de fruits, de plantes.
Il admirait le courage du saumon, sa persévérance,
L’idée de le manger avait quitté son esprit.Enfin le saumon arriva à sa rivière natale,
De belles saumones lui souriaient,
Il comprit que s’approchait le temps de frayer
le conduisant vers son issue fatale.L’ours se réveilla du grand hiver, chercha le saumon en vain,
Son ami était mort, tel était son pauvre destin.
Dans l’eau clair, il aperçut de son ami les alevins,
Ceux ci au début de l’été partiraient vers les océans lointainsVoici la vie brève des saumons, deux voyages sans répit,
Un retour à la source de la vie, un destin immuable.
L’ours les regarde partir, il lui sera agréable
Dans deux ans de parler aux enfants de son ami.
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