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LES FEMMES ET LA FONTAINE+OC

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar phototroubadoc, le 07-12-2014 09:55.
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  • #2636802
    Plume de platine
    ★★★★★☆
    Avatar phototroubadoc
      • Sujet: 1908
      • Réponses: 1619

      Poème partagé par troubadoc – création poétique en ligne

      V
      LES FEMMES ET LE SECRET
      Rien ne pèse autant qu’un secret ;
      le porter loin est difficile aux dames ;
      et je sais même sur ce fait
      bon nombre d’hommes qui sont femmes.
      Pour éprouver la sienne un mari s’écria :
      la nuit étant près d’elle : « O Dieux ! Qu’est-ce que cela ?
      Je n’en puis plus ; on me déchire ;
      quoi ! J ‘accouche d’un œuf ! D’un œuf ? Oui le voilà,
      frais et pondu ; gardez bien de le dire ;
      on m’appellerait poule. Enfin n’en parlez pas »
      La femme, neuve sur ce cas,
      ainsi que sur d’autre affaire,
      crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire ;
      mais ce serment s’évanouit
      avec les ombres de la nuit.
      L’épouse, indiscrète et peu fine,
      sort du lit quand le jour fut à peine levé ;
      et de courir chez sa voisine :
      « Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé ;
      n’en dites rien surtout, car vous me feriez battre ;
      mon mari vient de pondre un œuf gros comme quatre ;
      Au nom de Dieu, gardez-vous bien
      d’aller publier ce mystère.
      « Vous moquez-vous ? Dis l’autre;ah vous ne savez guère
      quelle je suis. Allez ne craignez rien »
      La femme du pondeur s’en retourne chez elle.
      L’autre grille déjà de conter la nouvelle ;
      elle va répandre en plus de dix endroits ;
      au lieu d’un œuf elle en dit trois,
      ce n’est pas encore tout ; car une autre commère
      en dit quatre, et raconte à l’oreille le fait ;
      précaution peu nécessaire ;
      car ce n’était plus un secret.
      Comme le nombre d’œufs, grâce à la renommée,
      de bouche en bouche allait croissant,
      avant la fin de la journée
      ils se montaient à plus d’un cent.
      JEAN DE LA FONTAINE
      LES FEMMES ET LE SECRET
      LAS FEMNAS E LO SECRET
      Ré né pésa tant qu’ùn secret ;
      lo portar lént és malaisit alas donàs ;
      é soï quitamént sus aquel fach
      bôù nombré d’omés qué son femnas.
      Per esprovar la séùna ùn marit s’éscridet :
      la nùéch, éssent probét d’éla : « O Dieu ! Qu’és aquo ?
      N’én podi pas maï;sé mé ésquinça ;
      qué ! Aparturi d’ùn ùoù ! D’ùn ùoù ? Oc lo vaïci,
      fresc é noù pondut ;gardatz bén dé lo diser ;
      sé mé sonaria galina . Enfin n’én parlatz pas »
      La femna nova sus aquels cas
      atal qué sus mantas aùtrés affars
      crédet la caùsa é prométet séùs grands dieux dé sé calar ;
      mas aquel aléamént s’éstravanit
      amb lés ombras dé la nùech.
      L’ésposa, mistos é paù finassiéra,
      sort del lùech quora lo jorn foguet à péna lévat ;
      é dé corrir co séù vésina :
      « Méù comaïré, dis, ùn cas és arribat ;
      n’én disetz ré subrétôt , qué mé fariatz bacélar ;
      méù marit vén dé ponder ùn ùoù grôs coma quatré.
      Al nom dé Dieù ,gardatz -vôs bén
      d’anar pobléjar aquel mistéri.
      « Vôs trufatz-vôs ? Disl’aùtré ; ah né savetz gaïré
      qu’éla soï. Anatz, né craintatz ré »
      La femna dél pondiér s’én torna co éla.
      L’aùtré grasilha jà dé contar la novéla ;
      ana la éspandir én maï dé detz endrechs ;
      al léù d’ùn ùoù né dis très.
      Es pas éncaïré tôt ; qué ùna aùtré comaïraa
      én dis quatré, é conta à l’aùrelha lo fach ;
      avisada paù nécita ;
      qué aquo n’éra pas maï ùn sécret.
      Coma lo nombré d’ùoùs, mércès à la rénoménat ,
      dé boca én boca anava creïssent,
      avanc la fin dé la jornada
      sé montavan à maï d’ùn centenat.

      🪶 Signature de la plume

      la vie est belle a la retraite que tu en ai 60 ou 70 ou plus si tu es en bonne sant?! tamalou? mot a eviter;
      les poemes un passe-temps sans aucune pretention dans la beaut? de l'aurore avec le soleil qui me fait des levers pharaonique sur la mer...

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