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Poème partagé par troubadoc – création poétique en ligne
V
LES FEMMES ET LE SECRET
Rien ne pèse autant qu’un secret ;
le porter loin est difficile aux dames ;
et je sais même sur ce fait
bon nombre d’hommes qui sont femmes.
Pour éprouver la sienne un mari s’écria :
la nuit étant près d’elle : « O Dieux ! Qu’est-ce que cela ?
Je n’en puis plus ; on me déchire ;
quoi ! J ‘accouche d’un œuf ! D’un œuf ? Oui le voilà,
frais et pondu ; gardez bien de le dire ;
on m’appellerait poule. Enfin n’en parlez pas »
La femme, neuve sur ce cas,
ainsi que sur d’autre affaire,
crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire ;
mais ce serment s’évanouit
avec les ombres de la nuit.
L’épouse, indiscrète et peu fine,
sort du lit quand le jour fut à peine levé ;
et de courir chez sa voisine :
« Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé ;
n’en dites rien surtout, car vous me feriez battre ;
mon mari vient de pondre un œuf gros comme quatre ;
Au nom de Dieu, gardez-vous bien
d’aller publier ce mystère.
« Vous moquez-vous ? Dis l’autre;ah vous ne savez guère
quelle je suis. Allez ne craignez rien »
La femme du pondeur s’en retourne chez elle.
L’autre grille déjà de conter la nouvelle ;
elle va répandre en plus de dix endroits ;
au lieu d’un œuf elle en dit trois,
ce n’est pas encore tout ; car une autre commère
en dit quatre, et raconte à l’oreille le fait ;
précaution peu nécessaire ;
car ce n’était plus un secret.
Comme le nombre d’œufs, grâce à la renommée,
de bouche en bouche allait croissant,
avant la fin de la journée
ils se montaient à plus d’un cent.
JEAN DE LA FONTAINE
LES FEMMES ET LE SECRET
LAS FEMNAS E LO SECRET
Ré né pésa tant qu’ùn secret ;
lo portar lént és malaisit alas donàs ;
é soï quitamént sus aquel fach
bôù nombré d’omés qué son femnas.
Per esprovar la séùna ùn marit s’éscridet :
la nùéch, éssent probét d’éla : « O Dieu ! Qu’és aquo ?
N’én podi pas maï;sé mé ésquinça ;
qué ! Aparturi d’ùn ùoù ! D’ùn ùoù ? Oc lo vaïci,
fresc é noù pondut ;gardatz bén dé lo diser ;
sé mé sonaria galina . Enfin n’én parlatz pas »
La femna nova sus aquels cas
atal qué sus mantas aùtrés affars
crédet la caùsa é prométet séùs grands dieux dé sé calar ;
mas aquel aléamént s’éstravanit
amb lés ombras dé la nùech.
L’ésposa, mistos é paù finassiéra,
sort del lùech quora lo jorn foguet à péna lévat ;
é dé corrir co séù vésina :
« Méù comaïré, dis, ùn cas és arribat ;
n’én disetz ré subrétôt , qué mé fariatz bacélar ;
méù marit vén dé ponder ùn ùoù grôs coma quatré.
Al nom dé Dieù ,gardatz -vôs bén
d’anar pobléjar aquel mistéri.
« Vôs trufatz-vôs ? Disl’aùtré ; ah né savetz gaïré
qu’éla soï. Anatz, né craintatz ré »
La femna dél pondiér s’én torna co éla.
L’aùtré grasilha jà dé contar la novéla ;
ana la éspandir én maï dé detz endrechs ;
al léù d’ùn ùoù né dis très.
Es pas éncaïré tôt ; qué ùna aùtré comaïraa
én dis quatré, é conta à l’aùrelha lo fach ;
avisada paù nécita ;
qué aquo n’éra pas maï ùn sécret.
Coma lo nombré d’ùoùs, mércès à la rénoménat ,
dé boca én boca anava creïssent,
avanc la fin dé la jornada
sé montavan à maï d’ùn centenat.🪶 Signature de la plumela vie est belle a la retraite que tu en ai 60 ou 70 ou plus si tu es en bonne sant?! tamalou? mot a eviter;
les poemes un passe-temps sans aucune pretention dans la beaut? de l'aurore avec le soleil qui me fait des levers pharaonique sur la mer...
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