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Mary Shelley, entre amis

  • Ce sujet contient 5 réponses, 5 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photojean-nol, le 15-12-2014 08:58.
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  • #2636921
    Plume de platine
    ★★★★★☆
    Avatar photocoburit
      • Sujet: 1422
      • Réponses: 4544

      Poème partagé par coburit – création poétique en ligne

      L’action se passe dans une villa en Suisse, prés du lac Léman. Depuis deux semaines, le temps est épouvantable, le lac prend des airs d’océan coléreux. Mary et Percy Shelley en compagnie de la demi sœur de Mary, Clara, reçoivent des invités prestigieux, Lord Byron et son médecin personnel le docteur Polidori.

      Lord Byron:
      – » Quel temps épouvantable mes amis,
      Ces soirées ne doivent pas terminer en ennui,
      Entre les éclairs, les grêlons, les rafales de vents
      Il faut trouver un moyen de passer le temps.
      ( Lord Byron s’approche de la bibliothèque )
      Je sais que nous sommes tous des poètes,
      Notre âme vibre de milles sensations face à la tempête,
      Votre épouse semble aimer les histoires fantastiques,
      Je vois ici un rayon rempli de romans gothiques.
      Racontons nous des histoires de revenants,
      Laissons le diable s’installer ici avec ses démons. »

      Claire:
      – » Lord Byron, je sens mon corps se remplir de frissons,
      Laissez moi venir m’asseoir à coté de vous
      L’horreur n’est pas comme ma sœur une de mes passions,
      Je ne serai qu’une petite fille à vos genoux. »

      Lord Byron:
      – » Ma chère Claire, vous n’êtes plus une petite fille,
      Vous savez bien que mon cœur devant vous vacille.
      Venez ma chère , ne soyez plus peureuse
      Prés de moi je vous sais heureuse. »

      Percy:
      – » Lord Byron, je ne suis qu’un modeste poète
      Mais ma tendre Mary adore le fantastique,
      Se plongeant dans les romans gothiques,
      Dans la terreur je la sais esthète. »

      Lord Byron:
      – » Commencez Mary, donnez nous une histoire
      Pour que jamais nous n’oublions ce soir. »

      Mary Shelley:
      – » Il m’est venu une étrange sensation avec ces orages,
      La foudre qui perce les cieux de milles aiguilles
      Semble détenir tous les secrets des grands âges,
      En elle, nous pouvons connaître Dieu , est ce futile? »

      Docteur Polidori:
      – » Madame, je comprend votre interrogation,
      L’électricité sera le moteur de nos sociétés,
      Dieu est dans cette fureur sans pardon,
      A nous humains de la domestiquer. »

      Lord Byron:
      – » Ah le bon docteur, voilà le sujet lancé,
      L’homme rejoignant Dieu, quel épopée.
      Que faut il faire pour l’égaler ?
      Darwin vient déjà de le tuer. »

      Mary Shelley:
      – » Si un homme peut égaler Dieu,
      Il devra être un Prométhée,
      Je ne vois qu’une chose à tenter
      Créer la vie pour rejoindre Dieu ! »

      Lord Byron:
      – » Mary, vous avez du génie
      N’est ce pas Polidori.
      Vous qui êtes docteur
      Soyez dans ce sujet notre conseilleur ? »

      Polidori:
      – » Comment donner la vie, c’est impossible
      Seule l’amour fait ce miracle
      C’est une chose amicale
      Mais de Dieu, cela est risible.

      Mary Shelley:
      – » Docteur, je vous parle de créer la vie ,
      De faire de la glaise, de la boue un homme,
      De fabriquer un humain comme un outil,
      D’être l’égale de Dieu en somme. »

      Lord Byron:
      – » Pauvre Docteur, il n’a rien compris,
      Nous ne parlons pas de l’acte animal,
      Nous parlons de Dieu, d’une chose pas banale
      De créer de la glaise la vie. »

      Mary Shelley:
      – » Oui, comme dans la genèse, dans le testament
      Faire lever de la fange un humain,
      Montrer à la face de Dieu que les fils d’adam
      Ont dans leurs mains un pouvoir divin. »

      Docteur Polidori:
      – » On raconte en Russie des histoires de Vourdalaks,
      Des morts vivants se levant des tombeaux,
      Suceurs de sang, vivant dans les cloaques
      Des marais comme de sombres oiseaux. »

      Lord Byron:
      – » Mary ne vous parle pas de vampires,
      Mais de la science surpassant le divin,
      Prométhée descendant chez les humains
      Nous donnant le secret de la vie, j’admire ! »

      Mary Shelley:
      – » Oui Lord Byron, je le vois sortir les chairs mortes,
      Piller les tombeaux, assembler les morceaux,
      Un couturier annonçant les temps nouveaux,
      Puis de la foudre redonner la vie, encore et encore ! »

      Lord Byron:
      – » Quel merveilleuse soirée, Mary écrivez cette histoire,
      Gardez en mémoire les mots de cette nuit,
      Le succès est garanti ! »

      Mary Shelley:
      – » Frankeinstein, le nom du Prométhée moderne
      Des cimetières, comme les détrousseurs de cadavres,
      Arrachant la Mort de sa sombre veine
      Pour redonner la vie , pour un nouveau havre
      Sans Dieu, après Darwin nous le jetterons à Terre,
      Le surpassant et ne craignant pas sa colère. »

      Lord Byron:
      – » Merveilleuse Mary, vous êtes ma sorcière
      Je suis certains que le Diable est ici
      Vous devez connaître sa compagnie,
      Percy, Laissez la écrire ce récit,
      Frankeinstein, l’homme qui surpassa Dieu ! »

      Lord Byron serre dans ses bras la douce Claire,
      Baise ses lèvres , puis l’entraine pour la nuit.
      Percy admire la beauté de Mary, sa tendre lumière
      Dans les cieux tonnent les éclairs, Mary lui sourit.

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    • Auteur
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      • #2941326
        Mascotte d’Oasis
        Mascotte d’Oasis
        Avatar photoNoireLune
        Membre Oasis
          • Sujet: 1482
          • Réponses: 52492

          Elle n’avait que 19 ans lorsqu’elle écrivit son chef-d’oeuvre Votre admirable poème dialogué est dans la logique de son histoire Pour ma part j’ai sur Oasis pensé à elle:

          L’âme de Frankenstein

          Dans un vieux chateau démoli
          Travaillait Victor Frankenstein
          Il avait un curieux destin
          Il était près de la folie

          Avec Igor son assistant
          Il se procurait des cadavres
          Fallait qu’ils soient résistants
          Il les ramenait dans son havre

          Avec beaucoup beaucoup de peine
          Dans son laboratoire secret
          Il fabriqua un schizophrène
          Qui nous renvoie bien des reflets…

          Amicalement NL

          🪶 Signature de la plume

          La Po?sie ?a sert ? faire du bien...
          ?a d?noue le n?gatif...
          et ?a devrait ?tre rembours? par la s?curit? sociale...

        • #2941386
          Plume de platine
          ★★★★★☆
          Avatar photocoburit
            • Sujet: 1422
            • Réponses: 4544

            Merci pour vos commentaires, milles pardons pour la longueur, une nuit qui n’a pas vu le temps passé.

            Amitié

            Jean-Pierre

          • #2941392
            Mascotte d’Oasis
            Mascotte d’Oasis
            Avatar photoislander
            Membre Oasis
              • Sujet: 8970
              • Réponses: 96865

              un poème admirablement construit, et très révélateur de notre humanité en quête d’éternité, le dialogue entre ces deux écrivains montre aussi que la littérature doit dépasser sa propre conscience et s’intéresser à l’homme, au monde extérieur pour fixer des buts à son entreprise, un poème éblouissant

              yann

            • #2941398
              Plume de platine
              ★★★★★☆
              Avatar photojean-nol
                • Sujet: 1167
                • Réponses: 5965

                Cette construction inouïe nous révèle tout ton talent théâtral, cher ami, c’est peut-être votre voix, on est subjugué par ce récit prenant, mené d’une main de maître et captivant du bout en bout, franchement une agréable réussite ! J’adore et je suis fan.

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