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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Je l’ai aperçu ce matin dans ma salle de bain
Descendant du plafond, zébrure verticale,
A coté du miroir, trônant comme un tribun.
Je pouvais glisser une épingle dans cette faille.Le lendemain, en allant acheter du pain
Descendant de mon étage elle dévalait du mur
S’éclatant sur le trottoir en milles brins,
Sur la chaussée répandant se chevelure.Quelques jours plus tard, elle avait quitté mon trottoir
Franchissant la rue elle filait vers le canal Saint Martin,
Les voitures prudemment roulaient en coquillard,
Les sillons se faisaient plus larges, moins opportuns.L’eau déjà courait dans le rigoles,
Inondant les caves, les réserves des commerçants.
La lézarde quant à elle partait à toutes guiboles
Vers la rue Lafayette continuant son envahissement.Plus elle s’étendait, plus elle grossissait ,
Les immeubles Haussmanniens commençaient à pencher,
Les regards des Parisiens à leurs fenêtres étaient effrayés.
A l’Opéra déjà elle était arrivée.Les égouts éclataient, le métropolitain était arrêté,
Les petits rats s’enfuyaient de l’Opéra,
Les grands magasins s’étaient vidés,
La lézarde continuait son étrange guérilla.Finalement elle arriva sur les bords de la Seine
Comme une grande bouche avalant le bitume,
Abreuvée du fleuve , charmée de la Sirène
Elle disparut comme un simple rhume.Le matin, quand je me rase, je la regarde,
Je l’effleure doucement du bout des doigts,
Reviendras tu la fuyarde ?
Nous mettant tous aux abois.
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