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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Amplifiée par les vents, la syzygie de la Lune, du Soleil
Fait lever les eaux des océans vers le ciel :
Ce sont les grandes marées, battant la terre comme le fer
Dans les forges rougeoyantes des Enfers.Cette lutte des océans contre les continents,
Ce fracas des ressacs, les vagues rugissantes
Fracassant les digues font un spectacle fascinant
Qui plonge les spectateurs dans un étrange sentiment.Ainsi je me souviens de mes jeunes années,
Ma mémoire oubliée perdue dans le passé
Se nourrit comme les Océans de la puissance lunaire,
De la pénombre, les souvenirs reviennent à la lumière.Je les retrouve parfois dans les allées des cimetières :
Au père Lachaise, au Montparnasse errant dans le dédale,
Retrouvant sur les photos, les épitaphes des pierres tombales
Les camarades, les amants, les amantes d’anciens hivers.Qui se souvient encore de Pierre, de Richard,
A vingt ans , ils vivaient , baisaient sans embarras
Tous ces camarades frappés par le Sida,
Couchés dans leurs tombeaux sans joie, dans le noir.Sur les falaises Bretonnes battues par les vents, je cueillerai
Les fleurs sauvages, jeunes guerrières qui se moquent des marées;
J’en ferai des bouquets de ces sauvageonnes, puis j’irai
Sur les tombes leur déposer ses offrandes à nos jeunes années.Le vent battant mes cheveux, la pluie me giflant,
Les bras en croix, il me serait facile de m’envoler,
Le rire de mes camarades, les baisers de nos vingt ans,
Ma peau, mes sens , je les sens revenir.Dans ce train qui me ramène vers Paris,
Dans ce wagon tremblotant, chahutant
Qui m’éloigne des marées vivifiantes
Serais je pour une passagère son Mastroianni ?Comme dans ce train filant vers la cité des Femmes,
Un coÏt impromptu pour sécher mes larmes,
Une offrande paienne à nos années fauves
Quelques minutes pour faire bouillir mes neurones.Ce sont ces grandes marées qui raniment mon âme,
Je rentre chez moi, pardonnez moi Camarades
De vous avoir laisser, de continuer à vivre,
D’avoir aimé sans pour autant vous oublier,
« C’est ainsi que les hommes vivent » avec leurs vagues à l’âme
S’accrochant aux souvenirs, aux blessures si vives
Que les grandes marées tentent d’apaiser…
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