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Poème partagé par Rosaly – création poétique en ligne
Voici Quinze ans déjà, que je marche sans toi
Avec les béquilles que la vie m’a laissées…
Dans l’eau pure du ciel, au-delà de son toit
Sur l’ardoise fendue des voix désincarnées
Pas un jour, un instant, où je ne t’ai cherché
Partout! jusqu’au tréfond de mon esprit brisé
J’ai hurlé, j’ai pleuré, j’ai maudit ce chemin
Que je ne prendrai plus en te tenant la main
Parfois croyant sentir ton souffle dans mon cou
Je mordais jusqu’au sang mes lèvres désertées
Je brûlais dans l’enfer de mes folles pensées
Et le noir silence se peuplait tout à coup
– Oh!doux bruits familiers de tout ce qui fut nous!
Les entends-tu aussi quand la nuit se dépose
Dans la chambre veiller si tôt la porte close?-«Ô voir enfin tes yeux
verser l’océan bleu
sur ma chair désséchée
et me ressusciter!»En mes nuits sans sommeil bien souvent je naufrage…
Parfois même j’ai peur d’oublier ton visage!
Peur de voir nos pages s’envoler sous les vents
Peur que les mots se noient au long fleuve des ans
Peur que ma mémoire ne devienne brouillon…
Un arpège brisé sur la portée des heures
Trouverais-je dis-moi l’endroit où tu demeures?
– Ô entendre ta voix murmurer mon prénom!
Se moquant du tombeau,ressentir ta caresse
Venir en flot vital m’abreuver de tendresse
Ce bonheur suprême, si précieux d’autrefois
Pourrais-je l’enlacer au ruban de mes doigts?
Lorsque mes paupières si fort ont enfermé
Cet infini chagrin en mon front fatigué
Sais-tu combien d’ombres sur moi se sont penchées?-«Ô voir enfin tes yeux
verser l’océan bleu
sur ma chair désséchée
et me ressusciter!»Hélas! faut-il vraiment que toutes ces années
Veuillent du temps passé mordiller les contours…
Si mon cœur bat encor c’est plein de toi… toujours!
Je le croyais pourtant, déchiqueté, chair nue
Vaincu par la douleur qu’un matin il reçue
Il s’entête , vois-tu …non, il ne peut laisser
s’effacer un amour, si longtemps partagé
Aimer, aimer toujours!…pour que la vie soit pleine
Pouvoir se libérer, briser enfin la chaîne!
Je m’approche de toi sous le jour qui trépasse
De mes pas incertains, tu ravives la trace
T’aimer, t’aimer encor!… dénouer la raison
Plonger dans ton regard ruisseau de mon sourire
Déshabiller le sort, aimer, aimer et rire!
Sur de nouveaux accords jouer à l’unisson«Ô voir enfin tes yeux
verser l’océan bleu
sur ma chair désséchée
et me ressusciter!»Quand s’étendront demain les ailes de la mort
– Ô voir soudain flotter , en voile déployée
Les couleurs incarnat d’un astral hymenée!-
Mon âme je le sais retouvera son port
Je monterai vers toi, plus fort que la marée
Et sur ton front serais tendrement arrimée…
Fruit qu’on ne cueille plus, sur la branche se meurt
Mon jardin d’autrefois n’est qu’ abri sans chaleur
S’enracine l’hiver aux larmes de la pluie
Il m’emporte sans bruit sous la brume bleuie!
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