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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne
A R.P. notre professeur de danses qui nous a quittés le 18/06/2015, des suites d’une longue maladie.
Comme l’onde s’épuise et que le roc demeure,
Je n’imaginais pas que le bourreau des ans
Décime le meilleur de mes instants présents
Tellement coutumier du : »samedi même heure ! ».L’élève que j’étais le croyait éternel,
Antique monument qui traverse les ères ;
Il arborait si haut ces vieillesses amères
Qu’il ne devait jamais traverser le tunnel.Mais le temps ne sent pas les leurres de mon âme,
Implacable, il me suit, voleur audacieux,
Et lorsque d’un pillage il fracture les cieux,
La réalité sort, terriblement infâme !Même si le chagrin frappe sur tous les toits,
Quand se vide l’esprit des forces affectives,
Que répondre au pourquoi des absences plaintives
Induites par ce mal qui gagne à chaque fois ?Il nous a tant appris des rythmes de la danse
Pendant ces quatorze ans de cordialité
Que mon incompétence et ma timidité
Ont fondu sous les feux de sa magnificence.Une pensée émue au nom des samedis
Que nous avons passés à courtiser la muse
Viendra me rappeler, messagère recluse,
Qu’un jour il m’a donné les clés du paradis.Et les yeux embués, je me revois encore,
Dans la salle où j’étais assidu de ses cours,
M’élancer sur la piste et sans autres détours
Amoureux de la valse enlacer Terpsichore…Rien ne sera jamais comme avant et la main
Du destin qui conduit mon pas vers les ténèbres
Me montre que, dans l’ombre et les brouillards funèbres,
Gît un arbre de plus au bord de mon chemin.
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