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Poème partagé par Tolkien95 – création poétique en ligne
Tu étais un fier et vaillant parachutiste,
Loyal, fidèle militaire obéissant,
Et pourtant en véritable et doué flutiste,
Tu cachais une merveilleuse âme d’artiste,Je t’ai aimé naturellement et longtemps,
Admirant ta bravoure, ta fougue et ton esprit,
J’ignorais alors que la guerre t’aurait pris,
Juste après notre solennel doux serment.Tu parlais de te tailler les veines pour moi,
Et à tout jamais lier nos vies par le sang,
Je préférais un véritable sacrement,
Testament sur l’honneur entre frères d’émois.Là, nous étions unis et même le Liban,
N’a pu déchirer notre amoureuse amitié,
si j’avais pu nos moments alors savourer,
Cent regrets sont présent à l’heure du bilan.Les phalanges mortelles à jamais t’ont perdu,
Un malheureux tireur d’en face t’a visé,
De trop loin, je t’ai vu lentement t’écrouler,
Bien trop tard, trop lentement vers toi j’ai couru.D’injures, le sergent m’a alors abreuvé,
Quittant mon poste, ensanglanté je t’ai vu,
Dans mes bras enfin te prendre, je n’ai pas pu
Les yeux rivés à ta poitrine trop percée.Dans le voile de mon regard emperlé,
J’ai tiré sur cet ennemi si transparent,
Hurlant mille morts sur ce fantôme apparent,
Enfiévré, me suis alors recroquevillé.Les années ont passé, tristes et très solitaires,
Plus jamais je n’ai osé parlé d’amitié,
Refusant les paroles et les virils baisers,
A tout jamais, tu étais et sera mon frère.Tu as eu un jumeau l’année d’après pourtant,
Dans le désert, une belle amitié naissait,
Lui aussi blessé pourtant un jour m’a quitté,
Refusant de souffrir mille morts plus longtemps.Tu étais vrai, et sincère, tout comme lui.
Tous deux portiez la marque d’êtres entiers,
Je vous ai aimé et ne vous oublierais jamais,
Frères d’âmes dans ma mémoire réunis.Faya-Largeau, Tchad, été 1983. Les dieux sont cruels et leurs épreuves terribles.
🪶 Signature de la plumeL'homme est le r?ve d'une ombre
(vers 135-140 des Pythiques de Pindare, le prince des po?tes).
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