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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Nous avions quitté tadjoura depuis trois jours
Monfreid avait obtenu du Sultan un bon prix
Pour la cargaison de munitions et de fusils ,
La petite armée du Sultan était prête à tous les recours.Lawrence , sa mission terminée, se montrait bon compagnon,
Il aidait les marins à hisser les voiles triangulaires,
Au vent chaud de la Mer Rouge il chantait des chansons
De marins louant Nelson et le Roi d’Angleterre.Monfreid tenait la barre et filait vers les iles de Dhalat,
Ces ilots à moitiés désertiques à quelques miles de Mitsawa
Etaient réputés pour leurs récifs coralliens si colorés,
Les pêcheurs les plus courageux y dénichaient des huitres perlières.A l’aube nous étions arrivés, le soleil rouge sur l’horizon
Teintait la Mer d’un orangé en dégradé tout le long.Monfreid :
– » Allez François , vous allez plonger avec moi ,
Préparez vous à la plus belle journée de votre vie,
Ouvrez bien les yeux , mon ami. »Je ne sais pas à quoi ressemble le Paradis
Mais lors de cette plongée je le vis ,
Monfreid évitait les courants contraires et meurtriers,
Nous remontions de temps en temps pour prendre l’air.Lors de cette première plongée , un long mérou
Fit office de maitre de cérémonie devant nous ,
Il se dandinait entre les coraux avec bonhommie
Nous guidant dans ce paysage inédit.Dans la forêt multicolore des coraux tout un peuple vivait ,
Des couples de papillons jaunes allaient amoureusement ,
Des poissons perroquets vivement voltigeaient ,
Des poissons clowns se montraient prudemment.Dans la vase , des poissons pierres guettaient les imprudents,
Des raies déployaient leurs ailes tout au fond ,
Les murènes montraient leurs gueules aux dents tranchantes,
Des poissons chirurgiens nous frôlaient tels des faucillons.Des poissons ballons se gonflaient tels la grenouille de la fable ,
Des petites grottes sous-marines des bancs translucides
De centaines de poissons de verre filaient tels d’incroyables
Larmes enchantées, à toutes vitesses , tellement agiles.Monfreid me fit signe de regarder vers le fond ,
Quatre ou cinq énormes bénitiers nous attendaient ,
Nous devenions des cambrioleurs, finis les moussaillons :
Monfreid sortit un énorme poignard et les tailladaient.La récolte fut miraculeuse, trois grosses perles
Dans notre panier, nous remontâmes à la surface.Monfreid :
– » Voila notre salaire , mes amis , trois perles à partager
Louons cette pêche miraculeuse. »C’est ainsi que se finit cette histoire
Peut être n’est ce qu’un au revoir
Jamais des mais ne se disent adieux.FIN
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