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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Il est parfois utile de se raconter, de se dévoiler,
D’effacer es subterfuges qui nous font exister.
Bien qu’ayant fait dans mes jeunes années le désespoir de mes parents,
Que mes maitres me regardaient en soupirant « quel gâchis »
Je préférais aux études l’école buissonnière que l’ennui
Prodigué par les pesants manuels tellement barbants.
Avec mon camarade Antonio nous commencions nos premiers fric-frac,
Chacun son tour faisant le guet devant les étalages
Pendant que l’autre chapardait, loin était le temps des enfants sages,
Parfois un habile commerçant nous attrapait par le colbac.Nous n’avions que des menus larcins, on nous traitait de vauriens,
Ce fut la rencontre avec Monsieur Marcel que commença l’étude
De l’art d’être voleur, de faire acte d’audace sans crainte ,
D’avoir la main leste, le doigt agile, de voler avec plénitude.
Monsieur Marcel était retiré des affaires mais il était maitre Arsouille,
Quand il vit ma gueule d’ange il soupira » tu seras mon chef d’oeuvre ».
Un démon était blotti dans mon âme , il me faisait des chatouilles
Pour sortir au grand jour, pour mon bonheur ou mon malheur.
Antonio trouva à Monsieur Marcel un drôle d’air, il me quitta :
Je l’ai croisé parfois il est guichetier dans un cinémaJ’appris beaucoup de mon maitre, je reçus également des coups de baguette
Chaque fois que je faisait sonner la clochette fixé au revers de son pantalon,
Je devais lui voler son portefeuille , sa montre, ses biffetons.
Il me voulait aussi agile qu’un gitan, qu’un pickpocket.
Il m’obligea à lire les mémoires des plus grands voleurs, d’éplucher les rapports des condés.
» Dans l’histoire du crime , soupirait Monsieur Marcel, il faut tout savoir »
Ses plus beaux coups, ses plus belles arnaques il les avait montés
Comme un peintre fait une toile, avec habileté, s’inspirant de l’Histoire.
J’étais comme un élève de la Sorbonne épluchant les plus sombres affaires,
Mon esprit était dévoué aux criminels, escrocs, j’en étais très fier.Ce fut un matin que Monsieur Marcel m’annonça que mes études se terminaient ,
Il me fallait maintenant passer aux travaux pratiques, je devins stagiaire
Chez un perceur de coffre fort, l’habile Rolland m’apprit l’art du monte en l’air :
De la chignole ,de l’arc électrique j’abusais pour vider mes premiers appartements.
Chez Monsieur Louis , tenancier d’une maison close
Qui adorait par dessus tout plumer les pigeons, les perdreaux ,
J’appris comment monter de belles arnaques, rendre fou le bourgeois,
En lui promettant des tas de billets, une fortune gagnée en quelques mois.
Dans les bras gracieux de ses filles j’appris l’art d’aimer,
Une expérience utile pour vider les rombières de leurs paniers.Vois tu si je te raconte mon apprentissage mon petit Léo,
C’est qu’il est temps pour moi d’avoir un élève.
Jamais je ne fus pris par les flics dans mes coups, du plus petit aux plus gros.
Je ne me dresse pas une couronne de laurier , il en est ainsi.
Comme feu mon maitre Marcel , je vais t’enseigne le métier, tu es ma relève.
Quoi tu regardes ma queue fourchue, elle vient avec le temps ,
Je suis seulement un voleur , pas un assassin , j’appartiens au Diable.
Je ne regrette rien de mes actes , de ma vie ,
J’ai aimé, j’ai volé, j’ai arnaqué, j’ai trompé , j’ai aimé ça de toute mon âme.
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