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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Souvent dans ses souvenirs revenait son visage
Elle qui avait pourtant aimé mille et un garçons,
Sa bouche s’était ouverte à mille et une bouches,
Sa langue avait gouté à cette corbeille offerte à ses usages,
Ses dents avaient dévoré les fruits offerts à sa moisson
De mille et un plaisirs fugace comme des escarmouches.Que ses amants soient jeunes, innocents ou damnés
Que leurs étreintes soient brulantes comme feux de Saint Jean
Plus jamais elle n’avait ressenti l’étrange brulure sur son âme,
Ses soupirs n’étaient plus que factices pour les leurrer,
Quand leurs yeux se fermaient elle se lamentait en priant
Que leurs soupirs arrêtassent dans son crane l’infernal vacarme.Elle ne voyait plus que lui dans leurs visages exaltés,
Leurs baisers étaient fade, leurs étreintes tellement banales,
Pourquoi alors s’offrait elle dans leurs obscènes bacchanales,
Pourquoi se perdait elle ainsi dans leurs perversités.Lui avait seulement quinze ans, un tendre adolescent,
Ses parents lui avaient présenté l’angelot un dimanche ,
Il l’appelait , le mignon, sa tante en bafouillant gentiment,
Doucement prés de lui elle avait dévoilé sa peau blanche.
Son premier baiser elle l’avait volé comme une veuve noire,
Attiré le lendemain pour une journée dans son boudoir.Elle l’avait aimé du matin jusqu’à la première étoile du soir,
Lui était si amoureux, si fou pour se perdre en elle,
Tout en baisant son corps il lui jurait d’être fidèle,
En la quittant il lui promit de revenir demain la voir.Elle l’aima une semaine, puis l’ennui commença…
Ne reviens pas angelot, va chercher une autre amante,
Je n’ai plus rien à t’apprendre, j’en ai fini avec toi.
Bien sur le pauvre ne comprend pas,
Il vient un jour frapper à sa porte comme un dément,
Vas t’en lui crie t’elle, je ne veux plus de toi.Lui ne reviendra pas, dans le fleuve sombre il s’est jeté.
On retrouva son corps sur la berge les cheveux défaits
À un cimetière prés des parents en pleurs elle est immobile,
Dans son cœur nait une blessure nécrophile.Au début de printemps elle s’approcha du fleuve,
Elle aperçut dans les eaux tumultueuses son angelot,
Un fantôme qui réclamait de son amour une preuve,
Elle lui tendit les mains et sauta dans les eaux.
On la retrouva sur la berge , ses cheveux défaits,
Sur sa tombe personne ne se pressait…
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